FERRAT, L’ESPOIR

Après Georges Brassens, Jacques Brel, Léo Ferré, Jean Ferrat s’en est allé.
On a l’impression qu’avec la mort du dernier de ces géants fraternels et sensibles de la Chanson française – avec C -, de la langue et de la poésie, réservé et discret qui détestait tant le « show business », c’est tout une époque qui se clôt.
Celle de tous ces combats du XXème siècle pour la dignité de l’Homme et la liberté des peuples, pour un socialisme authentique.

Comme nul autre, Jean Ferrat a chanté la liberté, celle des ouvriers, des « demoiselles de magasins », des Vietnamiens refusant de s’agenouiller devant l’empire américain, des Chiliens sous la botte de Pinochet.
Il a magnifié la fraternité des mutins du « Potemkine » déclencheurs de la Révolution russe de 1905, gravé dans le cœur de tous la mémoire de la Déportation, exalté la Révolution cubaine. Mais Jean Ferrat a aussi dénoncé sans aucune complaisance l’assassinat par les hiérarques soviétiques du Printemps de Prague en 1968 (« Camarade ») ou rappelé dans « Le Bilan » (1980) combien de « couleuvres les staliniens zélés » ont fait avaler aux communistes « au nom de l’idéal qui nous faisait combattre. Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’hui« .

Mais Jean Ferrat c’est aussi la vie simple de l’Ardèche, celle de « La Montagne » et de « Sacré Félicien », celui qui avec Léo Ferré a fait connaître et aimer au plus grand nombre la magnifique poésie d’Aragon.
Comme Louis Aragon qu’il a si bien interprété, Jean Ferrat était un homme de conviction qui ne cachait pas son engagement aux côtés des communistes qui l’avaient sauvé enfant des rafles anti juives pendant la Guerre.
Comme Louis Aragon, il a été censuré et systématiquement écarté par les « grands médias ».
Mais le message si fort, si tendre, tellement fraternel de sa voix chaude a franchi tous les obstacles dérisoires de ceux qu’il dérangeait: partisans de l’ordre, du conformisme et de la marchandisation de tout.

Aujourd’hui, les textes de Jean Ferrat et ses interprétations font partie du patrimoine de tous.
Parce qu’il met l’espoir au présent, Jean Ferrat continuera longtemps de partager les battements de coeur de tous ceux que portent l’idéal de liberté et l’amour de la France de la Révolution.

Paul Euzière

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2 réponses à “FERRAT, L’ESPOIR

  1. Voici Poème à Lou, d’Apolliniare magnifiquement mis en musique et interprété par Ferrat

  2. Apollinaire bien sûr!

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