Grèce: un plan pour aider qui?

J.P. Brard, député, explique pourquoi les députés communistes et apparentés et le Parti de Gauche ont voté contre le « plan de soutien » avalisé par l’UMP et le PS.

Ce n’est pas un plan d’aide à la Grèce, mais un plan d’aide aux créanciers de la Grèce et aux marchands d’armes français et allemands. On va donner de l’argent au gouvernement grec pour que la BNP, la Société générale, Credit suisse, la Deutsche Bank et les marchands d’armes touchent leur chèque. Le plan est uniquement conçu pour couvrir ces créances. La Grèce consacre vingt fois plus de son PIB à l’armement que la moyenne des États du monde, achète 13 % des armes allemandes, et à peu près le même volume à la France. Le plan vise à renflouer les créanciers en faisant payer le prix fort au peuple grec. Les banquiers français sont le plus engagés, avec 75 milliards de dollars à récupérer, suivis des Suisses à hauteur de 64 milliards et des Allemands à 43 milliards. Cela est passé complètement inaperçu, mais il s’agit de sommes colossales. On nous dit  : “Votez ce plan pour éviter la faillite de la Grèce.” C’est faux. Si celui-là n’est pas voté, ce sont les créanciers qui paieront dans l’immédiat. Il faut un plan d’aide, mais un autre plan. Après les subprimes, les spéculateurs ont cherché un nouvel angle d’attaque en s’en prenant aux États. Après la Grèce, d’autres victimes viendront, dont la France. L’enjeu, c’est donc de sortir de ce système.

Nous proposons de créer une agence de notation européenne, de renégocier le traité de Lisbonne, qui interdit à la BCE de venir en aide au pays de la zone euro alors qu’elle peut le faire en faveur des autres pays de l’UE, de créer une sorte de FMI européen qui serait une structure publique sous le contrôle des gouvernements et non de la BCE, de mettre en place une taxe sur les mouvements de capitaux, de demander la réduction du budget militaire grec, et l’établissement de relations directes d’État à État avec des pays hors zone euro disposant de fonds souverains pour sortir de la dépendance des banques et des réseaux financiers. Concrètement, cela veut dire négocier avec des pays comme la Chine ou les Émirats arabes unis des prêts à long terme et sans intérêts, de sorte que pas un sou n’aille dans la poche des banques. Ce serait une nouvelle façon d’envisager les relations financières internationales et de faire face à la spéculation des banques.

Propos recueillis par S.C.

Pour lire l’intégralité de l’intervention de J.P. Brard, cliquer ici

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Une réponse à “Grèce: un plan pour aider qui?

  1. A quand une immense journée de mobilisation pour soutenir les grecs ??Qu’est ce que les syndicats attendent pour lancer ce mot d’ordre en France , voire en Europe ???

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