La Fête du Château, nos retraites et celles des Boliviens

Lors du débat consacré à l’Amérique Latine à la dernière Fête du Château à Nice, le 1er Secrétaire de l’Ambassade du Vénézuela en France – Farid Fernandez – a souligné que dans l’Union Européenne les mesures d’austérité (ou de rigueur) prises actuellement sont celles qui ont fait perdre 10 ans à toute l’Amérique Latine, conduit  les pays à la misère, à la liquidation des entreprises et services publics et se sont achevées par les drames des émeutes de 1989 à Caracas (1500 morts) et  à la banqueroute de l’Argentine en 2002.
Depuis, l’Amérique Latine a un taux de croissance de plus de 5%. Elle a rejeté les diktats du FMI et inversé les priorités. Dernière mesure en date: celle concernant l’abaissement de l’âge de la retraite en Bolivie décidée par Evo Morales.

A l’heure où chez nous, en France, le gouvernement s’apprête à repousser l’âge de départ à la retraite à plus de 60 ans et à augmenter le nombre d’annuités pour bénéficier d’une retraite à taux plein, et cela sans toucher sérieusement aux revenus du capital, en Bolivie, le gouvernement socialiste anti-libéral de Evo Morales s’apprête à faire voter une nouvelle Loi sur les retraites, discutée avec la principale centrale ouvrière du pays (la COB), qui abaisse l’âge de départ à la retraite de 65 à 58 ans, avec les mêmes avantages. Cet âge sera même rabaissée à 56 ans pour les ouvriers du secteur minier, avec possibilité de baisser encore cet âge selon certains travailleurs, dans ce cas un an travaillé à l’intérieur de la mine comptera pour deux années.

Tout cela s’inscrit dans le cadre de la reconstruction du système Bolivien de retraite par répartition mis à sac par des décennies de libéralisme économique…

Début février 2008, le président Morales avait déjà instauré une pension « dignité » destinée aux retraités vivant sous le seuil de pauvreté, dans un pays où deux habitants sur cinq vivent avec moins de 2 dollars par jour…
Pour financer cette allocation, le gouvernement de Morales avait instauré une redistribution des richesses liée aux hydrocarbures (Gaz et pétrole), mettant ainsi à contribution les riches régions de l’est Bolivien qui s’étaient arrangées jusque là pour bénéficier de la quasi-totalité de ces revenus.

Refusant de partager le gâteau, l’oligarchie bolivienne avait, avec à la complicité de l’ambassade étasunienne, tenté de déclencher une guerre civile destinée à renverser le président Morales.

La France n’est évidemment pas la Bolivie, ses niveaux de revenus, de pensions de retraites et de vie sont très éloignés certes, mais n’y a t-il pas là encore, matière à s’inspirer d’un gouvernement progressiste qui élabore et vote des lois qui ne séparent pas l’aspect humain de l’aspect économique.

N’y a t-il pas intérêt à s’inspirer une fois de plus de ces gouvernements progressistes latino-américains qui ont choisi leur camps entre les requins de la finance, les affameurs du FMI et de la Banque Mondiale d’un côté, et le bien-être du peuple de l’autre.

La Bolivie, comme le Venezuela et l’Equateur, ainsi que les pays membres de l’ALBA (Alliance Bolivarienne pour les Amériques) ont décidé depuis quelques années déjà de renvoyer les technocrates du FMI dans leurs bureaux new-yorkais, et de gérer eux-mêmes leurs pays, leur économie, et leurs systèmes de retraites.

Contrairement à nos gouvernements Européens, celui de Evo Morales, estime que l’humain passe avant les considérations économiques, il estime aussi que ce sont ceux qui ont le plus et qui provoquent les crises financières qui doivent mettre la main à la poche..

Il estime que les ressources de son pays ne doivent plus servir à garnir les comptes des multinationales étrangères et des oligarques locaux, mais au contraire à développer économiquement et socialement une nation désormais libre du diktat des marchés financiers et de ses alliés.

Une belle source d’inspiration que cette Amérique Latine rebelle et progressiste n’est-ce pas ? Ne devrait-on pas avoir les yeux rivés sur ces nations et ses peuples qui remettent en cause ce que l’on a commencé à nous faire subir ici : à savoir la dégradation de nos conditions de vies et la destruction de nos acquis sociaux, résultants d’années de luttes, tout cela au nom de la course au profit des plus riches et du libre-marché « sacré »..

Sarkozy n’est pas Morales, et nous le regrettons bien.

Frédéric André

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Une réponse à “La Fête du Château, nos retraites et celles des Boliviens

  1. Le travail d’information qui sera fait en juillet/août sur les retraites sera décisif pour l’issue de la bataille. Il est très facile d’organiser sur les places des villes et des villages, devant les mairies, devant les entreprises … des  » Apéros retraites « , ou des « Points d’information retraites ». Pour informer tout l’été, nous mettons à votre disposition sur http://www.retraites-enjeux-debats.org/spip.php?rubrique13 : 60 diapos à afficher et 40 slogans percutants.

    andré martin ( 69 )

    co fondateur du site http://www.retraites-enjeux-debats.org/
    le site pour se clarifier les idées sur les retraites, le chômage de masse et le temps de travail

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