Elections en Grèce: forte progression du Parti Communiste

Avec près de 11% des suffrages et une progression de 3,30% par rapport aux législatives de 2009, le Parti Communiste Grec (KKE) réalise à l’occasion des élections municipales et régionales du 7 novembre son plus fort score électoral depuis la dictature des Colonels en 1974.

DES RÉSULTATS REMARQUABLES

Ce résultat est d’autant plus remarquable que le KKE va totalement à contre courant de la tendance générale.
Il est le seul parti à progresser fortement également en voix (plus 75 000) dans un contexte marqué par une hausse de l’abstention et un recul de tous les autres partis et coalitions.
– En forte chute: le Parti Socialiste (PASOK) au pouvoir qui perd près de 10% des voix (34,67% contre 43,92%) et un million de voix.
Le Parti Socialiste commence ainsi à payer la terrible facture sociale et économique du programme d’austérité anti populaire du FMI et de la Banque Européenne.
En perte aussi, la droite « Nea Demokratia » qui avec 32,82% recule de 1% et perd 500 000 voix.
Recul également de l’extrême droite (LAOS): -1,5% et – 150 000 voix.
Recul enfin de la Coalition de Gauche Synapismos / Syriza à 4,5% (au lieu de 4,6%). Perte de 50 000 voix et des Ecologistes: -20 000 voix.

A noter les très bons résultats dans certaines régions et îles: Nord Egée: 15,74% avec Mytilène (13,25%), les très touristiques Iles Ioniennes (15,30%) avec Corfou (26,90%) et les grandes zones urbaines: Athènes (13,73%), Le Pirée (14,79%), Patras (16,42%), Volos (15,23%)…

DEUXIÈME TOUR: PAS DE FAUX CHOIX

Tirant les premiers enseignements de ce scrutin, la Secrétaire Générale du PCG, Aleka Papariga, souligne notamment: « Nous remercions les gens qui pour la première ou seconde fois ont voté pour les listes soutenues par le KKE. Nous pensons qu’ils ont contribué de manière significative au message positif de cette bataille électorale.
Nous savons très bien qu’il ne suffit pas d’être satisfaits.
Les responsabilités que nous devons assumer ont augmenté.
Nous comprenons que nous devons réfléchir à nos faiblesses et défauts pour réaliser ce qui est le plus important: contribuer à l’unité populaire, au rassemblement, à organiser la lutte du peuple quotidiennement pour empêcher les pires mesures qui arrivent et créer les conditions pour que ce résultat libère les forces populaires et qu’adviennent des jours meilleurs pour notre peuple.
Nous nous adressons à ceux qui se sont abstenus pour condamner la politique du PASOK et de la Nouvelle Démocratie en leur demandant de réfléchir.
Ils ont l’occasion maintenant d’envoyer ce message de condamnation de façon active par l’action et aussi dans les urnes au 2ème tour de ces élections locales. (…)
Nous appelons les abstentionnistes et ceux qui ont voté pour d’autres partis à renforcer la dynamique créée au 1er tour.
Dans les secteurs où les listes de Rassemblement Populaire ne sont pas en mesure d’être présentes au 2ème tour, nous appelons le peuple à ne pas choisir de gagnant entre les deux partis (PASOK ou ND). Ce serait un pas en arrière.
La solution est de se tenir loin de ce choix.
Aucun de ces deux partis ne va changer. (…)
Nous sommes catégoriques et nous avons clairement énoncé ce principe déjà lors d’élections antérieures: le peuple ne doit montrer aucune préférence lors du 2ème tour. Cela ne signifie ni passivité ni neutralité mais que nous voulons la véritable issue, celle dont a besoin notre pays. »

LA CONTRADICTION PRINCIPALE ET L’ACTION

Pour le Comité Central du KKE: « La contradiction actuelle au plan économique et dans la société de façon plus générale est entre les intérêts du capital d’un côté et de l’autre, le peuple travailleur« .
En conséquence, le CC du Parti Communiste Grec « appelle ses centaines d’élus à être aux côtés de tous ceux qui souffrent, à se battre pour la solution aux problèmes des travailleurs et du peuple avec les organisations de masse et les militants sur les lieux de travail et dans toutes les localités« .
Premier rendez-vous immédiat: les manifestations partout en Grèce le 15 novembre.

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9 réponses à “Elections en Grèce: forte progression du Parti Communiste

  1. Surpris d’apprendre que le PC Grec ne fait pas partie de la coalition de gauche. Ce serait sans doute une occasion de renverser les rapports de force (car ce qui risque d’arriver c’est comme en Angleterre ou en Allemagne que la droite revienne en force au pouvoir).

    • Il n’y a pas de coalition de gauche en Grèce.
      Il y a, à gauche, une entente Synapismos-Syriza qui regroupe des courants dont certains se sont prononcés en faveur du Traité constitutionnel européen en 2005 et d’autres contre.
      Elle est actuellement en crise.

      Le Parti Communiste Grec développe une ligne autonome qui s’appuie sur les syndicats de classe (PAME) et diverses associations.
      Le PCG considère que le gouvernement socialiste du PASOK aujourd’hui, comme le gouvernement de droite d’avant les législatives de 2009, mènent une même politique néfaste dictée par le FMI et Bruxelles.
      Dans ce contexte et au regard du train de mesures prises par le gouvernement Papandréou, peut-on parler encore de « gauche » et de « danger d’un retour de la droite »?

  2. Il serait bon que les Français suivent l’exemple des Grecs ; mais il ne paraît guère possible chez nous, compte tenu du rapport des forces, et même si c’est très souhaitable, de renvoyer à leurs études à la fois la droite et les socialistes.
    D’autre part, mettre à la porte Sarkozy et sa clique de valets de la haute finance et de la grande banque ne constitue pas n programme, surtout pour les remplacer par des DSK (un des responsables de la crise grecque, à la tête du FMI), ou des Martine Aubry. En supposant qu’elle le veuille sincèrement, Martine Aubry ne pourrait pas résister lontemps aux vraies puissances qui tiennent les commandes, voir Obama, et elle céderait, comme l’ont toujours fait les socialistes (non intervention en Espagne, guerres coloniales etc.).
    L’exploitation accrue des couches populaires et des classes moyennes qui vont payer la crise du sysstème capitaliste pourrait modifier le rapport des forces ; il restera à faire mieux connaître un programme réaliste, ensuite à se déterminer au second tour de 2012 en fonction des candidats en présence, éventuellement à s’abstenir. En attendant, et dans tous les cas, il faut combattre l’actuel pouvoir fascisant et ses alliés, dans l’unité de toute l’opposition de gauche, sans s’occuper des étiquettes.

  3. C’est un doux leurre que de croire que la gauche (la vraie, celle du non…) arrivera au pouvoir sans les socialistes. On peut le rêver très fort, il n’empêche que ça restera un rêve avec le risque d’un réveil difficile : voir Sarko au pouvoir pour un 2ème mandat.
    Personnellement, je préfère rester éveillé et me battre pour que les socialistes (à qui ont peut faire très peu confiance) deviennent des alliés sur lesquels on peut compter, tout en respectant leur différence. La tâche n’est pas simple !
    Rester éveillé c’est aussi ne pas croire que les difficultés accrues du peuple seront un gage de vote supplémentaire pour la gauche, la vraie. L’histoire nous a montré hélas l’inverse, notamment chez les sympatisants PC dont une part à versé vers l’extrême droite. Et là aussi , rien n’est simple !

  4. Gégé n’a pas tort, mais son argumentation n’est pas très logique : si les « difficultés accrues » amènent la population à voter pour l’extrême droite (c’est parfois vrai), je ne vois pas ce que les socialistes pourront y faire. Sans remonter aux Spartarkistes allemands et à Hitler, on a voté socialiste en janvier 1956 pour faire la paix en Algérie, on a eu le socialiste Guy Mollet et huit ans de guerre ; c’est un homme de droite, de Gaulle, qui y a mis fin.
    Cela dit, je ne dis pas que je ne voterai pas pour un candidat socialiste : tout dépend de la situation (j’ai voté deux fois pour Mitterrand, on a vu le résultat). Mais je ne le ferai que si je juge que je n’ai pas d’autre solution : il faut la préparer sans se croire d’avance battu. Sinon je m’abstiendrai. Le parti communiste, en 1969 sauf erreur, a demandé à ses électeurs, nombreux à l’époque, de s’abstenir au second tour, parce qu’il a préféré, selon moi avec raison, laisser élire un gaulliste (Pompidou) plutôt qu’ un atlantiste (Poher).

  5. Une grande nouvelle qui est bien sûr passée totalement inaperçue dans les medias, lesquels ont – c’est bien connu – des choses autrement plus importantes à nous dire : la couleur du dernier teckel de Carla Bruni, ou le tarif du transfert du dernier joueur de l’équipe de Foot à la mode…

    Curieusement, à la même date une autre nouvelle est passée à peu près inaperçue* :
    http://www.lepoint.fr/economie/dette-la-chine-vole-au-secours-de-la-grece-02-10-2010-1244205_28.php

    Eh oui ! À l’heure où Bruxelles tergiversait pour savoir si elle avait une quelconque volonté de solidarité envers la Grèce, la Chine rachetait la dette de ce pays.

    Oui, je sais ce que vous allez me dire : la Grèce a signé un pacte avec le diable, etc. Qu’en savez-vous ? Contentez-vous de comprendre qu’en l’état, pour la population Grecque, les diables sont bel et bien Bruxelles et le FMI qui les plongent dans la tristement célèbre « stratégie du choc » du capitalisme.

    C’est d’abord un véritable camouflet diplomatique envers l’Europe. Ce que feront les Grecs et les Chinois de cet accord, vous ne pourrez en parler que dans dix ans, mais essayez d’observer attentivement ce qui se passe en oubliant vos idées reçues. Et ce retour en force du Parti Communiste en Grèce va à mon avis dans le même sens.

    François

    * : NB : pas que je sois un fana de ce canard, mais c’est le premier lien que Google m’a renvoyé sur le sujet

  6. Le Phénix et l’Autruche
    Le score électoral remarquable mais non ébruité du KKE amène naturellement à comparer des stratégies politiques.
    En France, la CGT s’intègre dans le réformisme de la CES (Confédération Européenne des Syndicats) pendant que le PCF s’efface dans le « Front de Gauche ».
    Les références à la lutte des classes sont sacrifiées à un opportunisme décevant et l’unité de « gestion » syndicale comme politique a pour prix « la remise des armes ».
    Le patronat garde le champ libre et mène la bataille de classe dans son rôle de prédateur inlassablement, tirant chaque jour de nouveaux avantages. La dernière séquence de luttes sur les retraites ne pointe t’elle pas la confirmation d’une caste syndicale de sommet; Thibaut ne se déplace ni dans les raffineries occupées, ni dans les gares; au contraire de ce que souhaitent les travailleurs, il reste muet sur les luttes d’nvergure.
    En Grèce, le KKE et les syndicats de classe démontrent qu’une autre voie est possible, plus conforme à la défense de la population. Pendant ce temps nous tentons de nous convaincre que le ticket « Aubry-Strauss-Khan » d’une troisième alternance accouchera d’un rapport de force différent, on se demande bien pourquoi.
    J’ai toujours préféré le phénix qui renaît de ses cendres à l’autruche qui cache sa tête dans le sable.

  7. La question est de ne pas attendre d’ arriver aux élections en étant déjà piégés: obligés de voter pour le moins pire (entre deux partis qui s’entendent au niveau européen: PPE et PSE pour nous faire avaler, certes avec des sauces différentes, la même potion antipopulaire).
    Au lieu de se mettre à la remorque d’exécutants des basses oeuvres du grand capital et du FMI tels que le parti socialiste grec PASOK , le parti communiste grec KKE développe une ligne de rassemblement et de luttes.
    C’est payant puisqu’il est le seul à progresser en % et en voix.

  8. Maxa, tu as raison de ne pas faire remonter l’histoire trop loin car sur les communistes également on pourrait aussi relever bien des « errances »… Et ce n’est pas pour ça qu’aujourd’hui il faille s’en détourner. Idem pour les socialistes !!!
    Il y a une tension dans ce parti, il faut le reconnaitre : entre le chef du FMI et la miss Chtimi c’est pas tout à fait pareil. Cela dit, même chez eux il ya un rapport de force à créer. Je crois qu’on peut y contribuer en renforçant le front de gauche, cad en faisant pencher la balance du programme des soces vers un programme plus radical ( car leur objectif alors sera d’ attirer à eux les électeurs potentiels du front de gauche… et non par un programme sucrpour attirer ceux de Bayrou).
    Enrésumé : plus le front de gauche est fort, plus les soces vireront à gauche et plus on n’aura aucune gène à voter pour eux au second tour et plus vite Sarko quittera son palais. CQFD

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