Grèce: « A bas la dictature des monopoles et de l’Union Européenne! »

Le Parti Communiste de Grèce ( KKE ) a suspendu, samedi matin, deuxième jour de la grève générale de 48h, deux gigantesques banderoles sur l’Acropole d’Athènes proclamant en grec et en anglais: « A bas la dictature des monopoles et de l’Union Européenne ! « .
Les centaines de militants du Parti Communiste brandissaient des drapeaux rouges et clamaient des mots d’ordre contre « les mesures barbares du gouvernement de la ploutocratie et de l’Union Européenne« . Ils ont appelé le peuple « à se soulever et à rester en état d’alerte ».Au travers  cette action symbolique, le Parti Communiste de Grèce entendait appeler la classe ouvrière, les plus pauvres et la jeunesse à « s’engager dans le combat décisif sous le mot d’ordre:  A bas la dictature des monopoles-UE , pour en finir avec ce gouvernement, pour la sortie de l’Union Européenne et l’annulation unilatérale de la dette avec un Pouvoir Populaire ! « .

Ces mesures violentes soutenues par le tandem Sarkozy-Merkel (et par un gouvernement grec social-démocrate allié aux conservateurs)   comprennent entre autres:
L’abaissement de 22% du salaire minimum qui tombe à 586 euros     (et – 36% pour les jeunes  de moins de 25 ans),
– La dérégulation du marché du travail,
– La réforme -et la baisse– des retraites complémentaires,
– La suppression à nouveau de 15 000 emplois dans la Fonction Publique,
– Les privatisations de l’Électricité, l’Eau, les Chemins de Fer, etc…
Une saignée insupportable qui plonge encore un peu plus dans la misère un peuple qui en est à sa 5° année d’austérité, qui n’en peut plus mais ne se résigne pas.

Mais les banquiers exigent toujours plus et font pression sur le (leur) personnel politique.
Le banquier Ch. Dallara, négociateur pour les créanciers privés de la dette grecque déclare:  » les députés grecs doivent comprendre ce qui est en jeu et reconnaitre qu’au delà de la rigueur (…),il y a des profits nombreux et tangibles pour la Grèce et le peuple grec « .
Pour le  gouverneur de la Banque de France:  » C’est un programme de redressement qui est raisonnable « .
Devant un aveuglement aussi cynique des milieux financiers et de leurs larbins (Sarkozy-Merkel-Papadémos-Papandreou),  on ne sait plus si on doit rire, pleurer ou crier:  » Aux fous ! « .

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Une réponse à “Grèce: « A bas la dictature des monopoles et de l’Union Européenne! »

  1. En guise de contribution, voici un témoignage direct d’Athènes.

    « Face à l’habituelle désinformation des médias de masse, voici (traduit en français de l’espagnol) un précieux témoignage sur ce qui se passe à Athènes, et sur la dernière nuit de violence :
     » Les médias internationaux ont parlé de la nuit dernière en Grèce. Ils ont parlé de feu, de chaos, de violence…
    Ils parlent des 100.000 personnes rassemblées à Syntagma, mais aucunement des 200.000 qui étaient réellement présents, ni des 300.000 qui n’ont pu rejoindre la place, parce que les rues et le métro étaient bloqués par la police.
    Ils n’ont pas parlé de la manière dont la police à provoqué le début des violences à 17h, arrosant de gaz lacrymogènes toute la place Syntagma, dispersant les manifestants dans tout le centre d’Athènes, pour qu’ils ne soient pas gênant, juste en face du parlement.

    Les médias ont parlé de destruction aveugle, dépourvue de symbolique, ont fait courir la rumeur selon laquelle la bibliothèque nationale d’Athènes était en flamme. C’est faux.
    Ils ont brûlé des banques, des cafétérias et des magasins, des franchises d’industries multimillionnaires qui ont amené la Grèce dans cette situation. Les médias parlent de jeunes antisystèmes, mais ils ne parlent pas des femmes et des hommes âgés, avec leurs masques à gaz, montrant leur soutien durant des heures frappant des pieds et des mains en rythme les grilles de banques et de multinationales, sifflant et criant pour que les premières lignes qui résistent aux charges des policiers anti-émeute dans des rues pleines de lacrymogènes sentent leur appui, et applaudissant à la vue des flammes prenant dans Alpha bank et Eurobank.

    Ils disent que la violence ne résoudra pas la situation grecque, mais ils n’évoquent pas l’assemblée inter-quartier qui a eu lieu la semaine dernière à l’université Pantios, ils ne disent pas que l’occupation de l’université de Nomiki avait pour but d’être un lieu d’échange et de débat entre les différents mouvements grecs, ils ne parlent pas des cantines libres et des marchés d’échange qui s’organisent chaque semaine dans les quartiers.

    Ce que ne diront pas les médias, c’est que lors de la dernière expropriation massive dans un supermarché, une distribution des produits de ce dernier dans un quartier ouvrier de Salónica a été faite par les manifestants. De vielles femmes disent qu’elles ne sont pas arrivées à temps lors de la distribution mais que les manifestants comptent y retourner, et même si ils n’y retournent pas, elles restent de leur côté.

    Ce qu’ils ne diront pas, c’est que tandis que l’on marchait dans un quartier ouvrier, pour une petite manifestation loin du centre, les gens sortaient à leurs balcons levant le poing, la taille de la manifestation s’est multipliée, les gens sortaient de chez eux, venaient s’ajouter, les petites vielles apparaissaient et applaudissaient, les vieux… Putain ! les vieux chantaient des hymnes, je ne comprenais rien mais… vous ne pouvez pas imaginer, vous n’avez pas idée ! Ça ils ne le diront pas dans les médias, mais nous, on le dit.

    Ici, à Athènes, ils savent qu’ils ne sont pas seuls, que toute l’Europe suis le même chemin, ce qu’ils ne savent pas, c’est ce que nous faisons dans le reste de l’Europe… Oui, nous sommes en train de faire quelque chose, nous, le reste de l’Europe.

    On ne voit pas seulement le présent de la Grèce, on voit notre futur.  »

    Athènes 13/02/2012 Sergio

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