Espagne: 2 millions de manifestants

La dernière réforme mise en œuvre par le nouveau gouvernement de droite (Partido Popular) de M.  Rajoy, une nouvelle contre-réforme du code du travail (la neuvième en  20 ans), est, peut-être, l’étincelle qui a mis le feu à la poudrière sociale espagnole.

Dans un pays où le chômage concerne une personne sur quatre, et un jeune de moins de 25 ans sur deux, où près de 40% des travailleurs subissent un contrat précaire et où 10 millions de personnes sont en dessous du seuil de pauvreté, le projet du gouvernement vise à précariser encore plus  les salariés. C’est la goutte qui a fait déborder le vase.Parmi les mesures de cette nouvelle réforme:
la réduction des indemnités de licenciement pour le patron limitées à 33 jours par année travaillée contre 45 actuellement  et à 20 jours en cas de licenciement économique,
l’institutionnalisation de « contrats aidés » avec d’importantes subventions publiques pour l’embauche de jeunes non-qualifiés dans le secteur privé avec des contrats précaires au salaire minimum.
– Un projet de contrat unique  uniformisant la multitude de contrats précaires actuellement en vigueur, reste en débat.
Autrement dit, une mesure qui acte de nouveaux les cadeaux au patronat tout en aggravant la précarisation des salariés.

La réponse des travailleurs espagnols a été massive  dimanche 19 février, une des  plus grandes manifestations de ces dernières années, avec près de deux millions de travailleurs dans les rues de 57 villes: dont 500 000 à Madrid, 400 000 à Barcelone, 220 000 à Valence, 150 000 en Galice, 130 000 en Andalousie, 80 000 dans les Asturies et en Castille-Léon, 60 000 en Aragon.

Un potentiel immense existe en Espagne pour mettre en échec la politique du patronat et de l’Union Européenne, appliquée désormais par le gouvernement de droite (PP) du Parti populaire mais avec le soutien explicite du PSOE, qui a mis en place tous les plans d’austérité précédents depuis 2008.
Le cri de « grève générale ! » est monté dans toutes les manifestations du pays dépassant le mot d’ordre officiel de « Non à la réforme du travail ! ».
Un avertissement de travailleurs et de la rue qui vaut aussi aussi bien pour le gouvernement que pour les directions syndicales des Commissions Ouvrières et de l’UGT tenues pour trop modérées.

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