Pierre Sémard, syndicaliste, dirigeant communiste, Résistant, assassiné par les nazis le 7 mars 1942.


Il y a exactement 70 ans,  le 7 mars 1942, les nazis fusillaient Pierre Sémard, Secrétaire général de la Fédération des Cheminots, membre de la Commission Administrative de la C.G.T, membre du Comité Central du Parti Communiste Français, grande figure de la Résistance .
Dans la plupart des grandes villes du département des avenues portent sont nom : à Grasse, à Cannes, à Nice.
La commune de Mouans-Sartoux lui a rendu un juste hommage en inaugurant dernièrement une plaque à la Gare SNCF  mais qui oublie (comme le compte-rendu de « Nice-Matin ») qu’il fut aussi Secrétaire Général du Parti Communiste Français et assassiné à ce titre.

Pierre Sémard, ce sont  plus de 30 années consacrées à la défense des intérêts de la classe ouvrière et du peuple, plus de 30 années de lutte et de sacrifices.
P. Sémard était un cheminot qui commença à travailler à 15 ans à Valence. Il était fils de cheminots. Agé de 19 ans, il aida puissamment à l’unification des syndicats de cheminots dans la Drôme dont il devint le principal responsable.
En pleine guerre mondiale, il adhéra au Parti Socialiste. En 1917, il fut élu membre de la Commission Exécutive de l’Union des Syndicats de Cheminots du P-L-M.

A partir de cette époque, grâce à la remarquable énergie de Pierre Sémard et d’hommes de sa trempe, les travailleurs des chemins de fer constituèrent la force la mieux organisée de la classe ouvrière. En 1921,  la Fédération des Cheminots,  comptait déjà 120 000 membres, P. Sémard fut élu Secrétaire général.
Lors de la scission entre CGT et CGTU révolutionnaire, Pierre Sémard demeura Secrétaire général de la Fédération Unitaire des Cheminots qui groupait les trois-quarts des cheminots organisés. En 1936, après que l’unité du mouvement syndical français eut été reconstituée en pleine bataille contre le fascisme, P.  Sémard fut élu Secrétaire de la Fédération Unifiée des cheminots de France.
En janvier 1923, lors de l’occupation de la Ruhr par la réaction française, qui allait nourrir le revanchisme nazi, Pierre Sémard figurait parmi les signataires du  manifeste des leaders révolutionnaires du mouvement ouvrier français et allemand qui faisait appel à l’action commune contre les réactionnaires des deux pays.
Pour cet appel hautement  révolutionnaire, Pierre Sémard, avec Gabriel Péri et d’autres militants de la CGTU et du Parti Communiste, fut traduit devant la Haute-Cour.
Cependant les masses populaires mirent alors en échec les manœuvres de la réaction : P. Sémard,  G. Péri et les autres accusés furent acquittés.

En 1924, Pierre Sémard fut élu membre du Comité Central du Parti Communiste Français, au mois de juin de la même année, il en devint le Secrétaire général. P. Sémard sut trouver la ligne juste lorsque en janvier 1925, au Congrès de Clichy, il fut décidé  la réorganisation du Parti sur la base des cellules d’entreprise. Avec cette base ouvrière,  le P.C.F. allait devenir ainsi une des forces essentielles .
En 1925,  les colonialistes français déclenchèrent la guerre du Rif en vue d’augmenter les profits du grand capital. En sa qualité de dirigeant du Parti Communiste Français, Pierre Sémard appela le peuple français français à fraterniser avec les Marocains.
Ainsi Pierre Sémard fut un des militants dont l’activité contribua le plus à la croissance et à la consolidation du Parti Communiste Français.
Il en demeura le Secrétaire Général jusqu’en 1930.

En juillet 1936,, les fascistes allemands et italiens déclenchaient la guerre contre l’Espagne républicaine avec l’aide de Franco. Pierre Sémard se donna avec ardeur à la solidarité avec l’Espagne républicaine, en soulignant que chaque Français devait aider le peuple espagnol, garantie de la sécurité de la France. Il fut parmi ceux qui apportèrent la plus grande assistance concrète possible aux républicains espagnols.

En septembre 1938, les accords de Munich sont signés. L’écrasante majorité de la Fédération des Cheminots, dirigée par P. Sémard, condamna cette trahison. Il déclara qu’elle ne signifiait nullement la paix, mais la guerre, guerre dont la première victime, après la Tchécoslovaquie trahie, serait la France.

Le 2 septembre 1939, le jour même où la guerre éclata, Pierre Sémard était mobilisé. Pour l’empêcher de continuer à remplir ses fonctions de dirigeant de la Fédération des Cheminots, De Monzie, ministre des Travaux publics et futur collaborateur le relégua comme employé à la gare perdue de Loches (Indre et Loire).
Mais, même dans ce coin isolé, Sémard ne cessa pas son activité. Il continua la lutte pour les intérêts des cheminots, des travailleurs et du peuple. Il fut arrêté une fois de plus en ‘octobre 1939, sous l’accusation de « détournement de fonds syndicaux ».
Le 6 avril 1940, Sémard était jugé par le même Tribunal militaire de Paris qui venait de condamner les députés communistes. Le tribunal fut contraint d’abandonner l’accusation mensongère  de « détournement de fonds syndicaux ». Néanmoins, le tribunal le condamna à trois années de prison pour son appartenance au Parti Communiste.
Il fut enfermé à la Prison de Bourges où ceux qui avaient trahi le pays, le livrèrent aux nazis.

Ceux-ci utilisèrent tous les moyens  pour essayer de le faire se renier. Ils lui annoncèrent que sa femme avait été condamnée à 10 ans de travaux forcés ; il ne vacilla pas. Alors, ils le  torturèrent.
Les occupants nazis et leurs valets pétainistes connaissaient le prestige de  Pierre Sémard parmi les cheminots, le poids de ses paroles aussi bien dans ces professions que dans l’ensemble de la classe ouvrière française. Ils essayèrent de lui arracher un reniement à son idéal communiste  pour en faire un instrument de leur politique. Quand ils eurent compris qu’ils n’y parviendraient pas, ils exécutèrent Pierre Sémard.
Quelques minutes avant d’être fusillé, le 7 mars 1942, Pierre Sémard écrivit la lettre ci-après, adressée au Comité Central du Parti Communiste Français.

Chers amis,

Une occasion inespérée me permet de vous transmettre mon dernier mot, puisque dans quelques instants je serai fusillé.
J’attends la mort avec calme. Je démontrerai à mes bourreaux que les communistes savent mourir en patriotes et en révolutionnaires.

Ma dernière pensée est avec vous, camarades de lutte, avec tous les membres de notre Grand Parti, avec tous les Français patriotes, avec les héroïques combattants de l’Armée Rouge et son chef, le grand Staline. Je meurs avec la certitude de la libération de la France.

 Dites à mes amis, les cheminots, que ma dernière volonté est qu’ils ne fassent rien qui puisse aider les nazistes. Les cheminots me comprendront ; ils m’entendront ; ils agiront; j’en suis convaincu.

Adieu, chers amis, l’heure de mourir approche. Mais je sais que les nazistes, qui vont me fusiller, sont déjà vaincus et que la France saura poursuivre le grand combat.
Vivent l’Union Soviétique et ses Alliés ! Vive la France.
Pierre SÉMARD.

A l’occasion du soixante-dixième anniversaire de l’assassinat de Pierre Sémard, cette grande figure du mouvement ouvrier révolutionnaire et de la Résistance, le respect de sa mémoire et de celles de ses camarades commande de rappeler son vrai visage.

« Plus le sacrifice est grand et plus la leçon est haute.
C’est parce que des hommes comme Pierre Sémard ont tout sacrifié à notre idéal, que cet idéal resplendit aujourd’hui avec un incomparable éclat.
Pour les générations à venir, il restera le symbole du courage, de la fidélité, de la vertu civique »                                                                
Maurice Thorez
. 7 mars 1946

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Une réponse à “Pierre Sémard, syndicaliste, dirigeant communiste, Résistant, assassiné par les nazis le 7 mars 1942.

  1. Respect.

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