Grèce: le suicide de Dimitris Chrisoula nous interpelle tous

Un pharmacien retraité, Dimitris Chrisoula s’est suicidé à Athènes, sur la Place Syntagma,  sous les yeux des passants, mercredi 4 avril, à quelques mètres du Parlement grec.
Cette place est  un haut lieu de la contestation qui secoue le pays depuis le début de la crise en 2010.
Dimitris Chrisoula a laissé une lettre manuscrite accusant le gouvernement de l’avoir privé de ressources par les coupes imposées aux retraites et l’assimilant aux gouvernants collaborateurs mis en place par les occupants nazis en 1941.

« Le gouvernement d’occupation de Tsolakoglou [1] a littéralement anéanti tous mes moyens de subsistance, qui consistaient en une retraite digne, pour laquelle j’ai cotisé pendant trente-cinq ans (sans aucune contribution de l’Etat). Mon âge ne me permet plus d’entreprendre une action individuelle plus radicale (même si je n’exclus pas que si un grec prenait une kalachnikov, je n’aurais pas été le dernier à suivre), je ne trouve plus d’autres solutions qu’une mort digne, ou sinon, faire les poubelles pour me nourrir.
Je crois qu’un jour les jeunes sans avenir prendront les armes et iront pendre les traîtres du peuple, sur la place Syntagma, comme l’ont fait en 1945 les Italiens
pour Mussolini, sur la Piazzale Loreto, à Milan », a écrit le pharmacien avant de mettre fin à ses jours.

Samedi, dans la cour du cimetière central de la capitale, la foule a salué par des applaudissements l’arrivée du cercueil,  puis crié « Peuple, en avant, ne baisse pas la tête, la seule réponse est la résistance ! ».

A Athènes,  Lisbonne,  Madrid,  Rome, Dublin, Berlin ou Paris, face à un capitalisme déchainé contre les peuples par le FMI, l’Union Européenne et la Banque Européenne, face aux Sarkozy, Merkel et aux grand capital, le seul mot d’ordre est « Résistance » dans les urnes, dans la rue, sur les lieux de travail.

Ils ont des millions; mais nous sommes des millions.
Imposons « l’Humain d’abord ! » .

[1] Le général Georgios Tsolakoglou, signataire de l’armistice avec les forces allemandes, fut le premier chef du gouvernement grec sous l’Occupation, nommé par les nazis. Un poste occupé du 30 avril 1941 au 2 décembre 1942. Son nom en Grèce est synonyme de « collaborateur ».
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