Asturies: les CRS espagnols ont peur de recevoir une raclée des mineurs grévistes‏

Quelques jours avant 
la grève générale du 18 juin décidée par les mineurs asturiens et après plusieurs semaines de conflits avec ces travailleurs menacés 
de liquidation par 
le gouvernement de Mariano Rajoy, le chef des unités de police spécialisées dans la lutte contre 
les «désordres publics» (les CRS espagnols) vient de déposer une plainte devant le tribunal d’Oviedo dénonçant les «violences» des manifestants. Prié 
de commenter cette action judiciaire, il a déclaré 
à la presse locale : «Avez-vous vu les biceps de la plupart des mineurs. D’une simple gifle, ils arrachent les casques de nos hommes

Les CRS espagnols regrettent les interventions contre les étudiants et les Indignés. «Eux, on leur file un coup et le sang coule 
de leur nez délicat », 
soupire un CRS, concluant : 
«J’ai été chargé l’autre jour par un gars d’une mine de Mieres et j’ai cru prendre dans la gueule un camion avec sa remorque. Ils ne sont pas seulement forts physiquement, ils ont surtout la rage : on les voit déraciner des arbres et nous les balancer dessus.
J’ai même vu un de mes collègues déshabillé en quelques secondes et recevoir des baffes à estourbir un taureau

Une audience a été demandée au ministre espagnol de l’Intérieur, Jorge Fernandez Diaz, 
celui avec qui Manuel Valls vient de «trouver 
une bonne entente 
de coopération».
Ce Diaz en question, homme de la droite musclée, en connaît un rayon 
en matière de répression, puisque plusieurs de 
ses proches, du temps 
de la dictature franquiste, 
ont mis les mains dans 
le cambouis ou plutôt dans le sang pour tenter de mater les opposants au régime et les mineurs lors de la célèbre grève dans les Asturies en 1962 et 1963.
L’Espagne tétanisée vivait à ce moment-là le premier mouvement populaire qui allait déclencher l’élargissement de la lutte contre Franco.
Les Diaz de l’époque 
ne pouvaient pas savoir que quelques dizaines d’années plus tard, leur rejeton aurait à gérer les états d’âme 
des policiers effrayés par 
les biceps des mineurs…
José Fort 
(
« l’Humanité »)

Lundi 18 juin:
Opérations “ville morte” et blocages par les mineurs en colère.

Langreo- (Asturies)
Barricades, pneus et poubelles enflammées pour couper des routes, opérations “ville morte” et manifestations…
A Langreo, ville héroïque où déjà en 1934 les mineurs asturiens s’affrontèrent dans le sang avec les troupes de Franco (appelées par le gouvernement « républicain  » de droite), comme dans des dizaines d’autres villes d’Espagne, les mineurs ont crié leur colère lundi pour la journée de grève générale contre les coupes des aides dans un secteur vital ravagé depuis des années tant par la gestion du Parti Populaire des Aznar et Rajoy (PP) que du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol de F. Gonzalez et J.L Zapatero (PSOE).
Environ 50.000 personnes ont défilé à Langreo en fin de journée .
Les rideaux des commerces étaient baissés et les rues quasi vides durant toute cette journée de grève générale “suivie à 100%” dans toute la Cuenca minera asturienne, selon les Commissions Ouvrières et l’UGT  qui appelaient au mouvement.

Un succès également au niveau national dans la cinquantaine de villes minières étaient également appelées à la grève générale dans les régions d’Aragon et de Castille-et-Leon.
Entre 10.000 et 15.000 personnes ont défilé à Leon entonnant le chant traditionnel des mineurs asturiens « Santa Barbara bendita, padrona de los mineros… » (que l’on entend aussi dans la video ci dessus).

On ne peut pas donner 100 milliards aux banques et jeter des milliers de mineurs d’un coup à la rue alors qu’ils n’ont besoin que de 300 millions”, résume à l’AFP, Carlos Martinez, un employé de banque de 47 ans de Mieres, également “ville morte” .
Lundi matin, des mineurs ont bloqué routes et voies ferrées, comme ils le font quotidiennement depuis qu’ils ont décidé le 30 mai de prolonger leur mouvement pour une “durée indéterminée”.
La Garde civile a renforcé ses effectifs  en Castille-et-Leon et dans les Asturies. Vendredi, des incidents ont fait sept blessés près de la ville minière de Mieres dans les Asturies.
C’est la seule façon de faire pour que les politiques nous écoutent un peu. Si les mines ferment, tout ferme. Nous, on ira jusqu’au bout”, résume un jeune mineur.

En pleine « restructuration » depuis 20 ans sur directives de l’Union Européenne, les mines de charbon espagnoles qui étaient le coeur économique des Asturies ont été fermées, souvent noyées, afin de créer des situations irréversibles.

Une quarantaine sont encore en activité, principalement dans le Nord, faisant vivre 8.000 mineurs, et maintenant de 20.000 à 30.000 emplois indirects.
Les mines encore en activité devraient être liquidées  d’ici à 2018
; mais le gouvernement du Parti Populaire a mis le feu aux poudres en annonçant un réduction des aides, de 301 millions d’euros en 2011 à 111 millions cette année, ce qui condamne le secteur plus rapidement que prévu et, avec lui, des villes entières.

Les syndicats ont d’ailleurs annoncé l’organisation de prochaines marches vers Madrid afin de faire entendre la voix des mineurs et de la cinquantaine de communes directement concernées.


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