Portugal, succès de la fête de « l’Avante »

Une semaine avant la Fête de « l’Humanité » en France la traditionnelle Fête de « l’Avante » – le journal du Parti Communiste Portugais- s’est déroulée à Lisbonne.
Une fête qui fait le pari d’une programmation à la fois originale et de masse : du jazz au rap, de la musique du monde à la musique folk portugaise, de la musique tsigane au rock celtique, de la chanteuse engagée Luisa Basto à la nouvelle scène fado représentée par Ana Moura.
La fête de « l’Avante »  reste une « manifestation culturelle de classe et de masse », mettant à la portée de tous les activités les plus diverses. Une dizaine de compétitions sportives culminant dans la Course de la Fête ( 12 km), mais aussi depuis 1986 une quinzaine de représentations théâtrales.  festival comme les autres mais  de rester une fête politique. Une « fête pas comme les autres » qui a néanmoins fait le choix de ne pas devenir une fête communiste, un moment d’affirmation du Parti mais aussi d’élan rassembleur et unitaire.

Pendant trois jours, la Fête via vécu au rythme des concerts mais aussi des débats. Cette année, comme l’an dernier, l’accent a été mis sur la nécessité de mettre en échec ce que les communistes portugais appellent le « Pacte d’agression », la politique d’austérité dictée par la troika (BCE/FMI/UE) et mise en œuvre par la droite avec l’appui du PS qui poursuit ainsi dans une ligne qui lui a coûté la défait aux dernières élections.
Lutte contre la politique du capital et alternative politique « patriotique et de gauche » : c’est également à partir de ces axes que le P.C.P. entame la préparation de son XIX ème Congrès qui se tiendra du 30 novembre au 2 décembre. Un Congrès qui ne devrait pas bouleverser la ligne stratégique du parti avec des débats prévus notamment sur l’euro (et une sortie éventuelle de la monnaie commune au sujet de laquelle le PCP a toujours été très critique).

Au plan international deux questions ont été au coeur des débats: les « luttes et défis des pays arabes », un an et demi après des soulèvements récupérés par les puissances impérialistes pour assurer la recomposition de régimes répressifs discrédités en démocraties de façade pro-occidentales, au moment où l’impérialisme prépare et alimente des interventions armées en Syrie et en Iran. Deuxièmement, l’Amérique latine sous le thème « Progrès, révolution et réaction impérialiste », avec l’avenir des processus révolutionnaires cubain, vénézuelien mais aussi bolivien ou équatorien, au moment où l’impérialisme renforce également son emprise, avec les coups d’État récents au Honduras et au Paraguay.

Le discours de clôture du secrétaire-général du Parti communiste Portugais, Jeronimo de Sousa, a fixé les priorités pour la rentrée sociale, mener la lutte pour :« mettre en échec le gouvernement, mettre en échec le Pacte d’agression, mettre en échec les politiques de droite ». C’est à partir de la lutte que se dessine « une possibilité réelle de donner naissance à une alternative ». La lutte « a ouvert de nouvelles possibilités. La lutte brisera le carcan de la fatalité, et l’avancée de la lutte est aujourd’hui plus décisive pour porter l’exigence de changement et la construction de l’alternative ».
Une alternative qui doit passer par la rupture avec l’Union Européenne actuelle :« La voie du changement passe par la remise en cause de l’ensemble du processus d’intégration capitaliste et la lutte pour un autre cap, opposé à l’actuel, pour l’Europe. Le changement passera par la fin des diktats supra-nationaux du Pacte de stabilité, du traité du budgétaire ou de la gouvernance économique. Cela passe par une coopération entre Etats souverains égaux en droits. Le changement passe par le droit des peuples à décider de leur sort et à exercer pleinement leur souveraineté ».

Dans cette optique d’un changement qui partant des luttes  construira une alternative « patriotique et de gauche » que le secrétaire-général du PCP a rappelé le rôle du Parti communiste : « Le PCP est nécessaire, indispensable et irremplaçable, toujours, encore plus dans les temps qui courent. Il n’y a pas de lutte organisée, conséquente, et efficace sans le PCP. Il n’y a pas de solution aux problèmes nationaux sans le PCP, dont le renforcement est décisif ».

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