Les communistes tchèques (KSCM) s’installent comme deuxième force du pays avec 20% des voix aux régionales

 

Le double scrutin régional et sénatorial du 13 octobre a sanctionné la politique d’austérité du gouvernement de coalition de droite. En dépit de la première place du Parti social-démocrate, les communistes du KSCM sont les grands gagnants du scrutin. Ils obtiennent leur meilleur résultat depuis la liquidation de la République socialiste de Tchécoslovaquie en 1989.

 Depuis un an, la colère sociale monte en République tchèque: 150 000 manifestants dans les rues de Prague en avril. En mars, 20 000 étudiants avaient participé à la « Semaine de l’agitation » .

Le temps des illusions sur le « capitalisme à visage humain » a vécu. Le plan d’austérité adopté en avril 2012 prévoit la privatisation rampante de la Sécurité sociale ou de l’Université, la hausse de la TVA, le gel des retraites, de nouveaux déremboursements…

Dans ce contexte, jamais les communistes n’ont été aussi populaires. Les sondages donnaient autour de 20% aux communistes en cas de scrutin national anticipé. Le résultat de ces élections régionales et sénatoriales vient le confirmer.

Si les sociaux-démocrates (CSSD) arrivent en tête avec 23% des voix, ils perdent 68 mandats et 400 000 voix.

Ils sont talonnés par les communistes (KSCM) qui, gagnant 100 000 voix, obtiennent 20,5% des voix et 75 sièges supplémentaires, avec 182 élus au total.

La droite ressort laminée. Le principal parti de droite, l’ODS – le parti de Vaclav Havel et de l’actuel président Vaclav Klaus – ne recueille que 12,2% des voix, loin derrière les communistes.

L’analyse des résultats au niveau régional confirme l’ancrage du vote communiste

Dans les 13 régions concernées, les communistes arrivent à la 2éme place dans 9 régions et en 1° place dans 2 régions.

La carte électorale du Parti communiste reflète l’ancrage du vote communiste traditionnel dans les régions industrielles frontalières des Sudètes au Nord-ouest, et de la Moravie ainsi que de la Silésie à l’Est.
Ce sont dans les deux régions des Sudètes que le KSCM est arrivé en tête, devant les sociaux-démocrates : à Karoly Vary (23% et 14 élus) et surtout à Usti nad Labem (25,2% et 20 élus).
A l’Est, les communistes réalisent d’excellents scores en Moravie-Silésie (22,8% et 20 élus) ainsi que dans la région d’Olomouc (22,8% et 16 élus).

Après le scrutin, le président du KSCM Vojtech Filip s’est tout d’abord félicité du succès historique du parti : « Je suis content que le KSCM ait confirmé sa progression dans les urnes ».

Un succès qu’il explique par le message cohérent  porté par le KSCM lors de ces élections : « En remportant un tel succès, le KSCM a su porter l’image d’un parti de gauche moderne, avec les bonnes personnes aux bonnes places, un parti capable d’affronter le mal de la corruption en République tchèque et de résoudre les problèmes qui se posent dans le pays ».

Sur la question d’éventuelles alliances post-électorales avec le Parti social-démocrate, le président du KSCM a répondu : « Notre stratégie est claire : coalitions sur une base programmatique, et fidélité aux principes de la représentation proportionnelle ».

Le Parti social-démocrate a systématiquement recherché les alliances avec les partis de centre-droit, dont il partage tant le programme économique libéral que l’anti-communisme viscéral.

Le VIIIème congrès du KSCM en mai 2012 a laissé ouverte la question d’alliances de gouvernement avec les sociaux-démocrates, sans la trancher.
En effet, si officiellement le Parti ne reconnaît pas de courants organisés, le congrès a vu l’affrontement d’une aile « modérée », représentée par Jiri Dolejs, favorable à l’alliance avec la social-démocratie et une aile « radicale », avec à sa tête Stanislav Grospic, excluant cette perspective.

La ré-élection difficile de Vojtech Filip lors du Congrès, au deuxième tour avec seulement 60% des voix, révèle également l’ampleur des contradictions internes au sein du KSCM et permet de comprendre les hésitations et la prudence de sa direction quant à la politique d’alliances.

Le choix de rester un Parti communiste en 1989 s’est révélé politiquement payant, mais avec les succès électoraux, l’enjeu sera de rester communiste, ne pas sombrer dans une social-démocratisation suicidaire, alors même où que le peuple tchèque a plus que jamais besoin d’un authentique Parti communiste.

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