5 Mars 1953: la mort de Joseph Staline

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En 1991, au moment de la désintégration de l’URSS, seulement  12 % des Russes considéraient Joseph Staline comme une grande figure historique.
Aujourd’hui, selon un sondage de la Fondation Carnégie publié le 1° mars, la moitié d’entre eux font du « Petit Père des peuples » le premier des grands dirigeants  nationaux,  loin devant V. I. Lénine ou Pierre le Grand.

« Soixante ans après la mort de l’homme qui régna sur l’URSS durant trois décennies et envoya à la mort entre 10 et 20 millions d’individus » semble s’étonner « Le Monde » dans un  raccourci caricatural.
Pourtant, d’autres sondages récents montre que la liquidation  en décembre 1991 du socialisme étatique,  malgré toutes ses insuffisances et les erreurs et crimes qui furent commis en son nom, fait regretter l’Union Soviétique à une majorité de Russes de tous âges.

Selon un autre sondage commandité par le Centre d’Etude de l’Opinion Publique Russe, 56% de la population russe exprimait une nostalgie pour la période soviétique et regrettait la chute de l’URSS, à la veille du 90 ème anniversaire de la fondation du premier État socialiste en décembre 2012.
Parmi les nostalgiques, ceux qui ont connu l’ex-Union soviétique et les couches populaires, ayant le plus pâti de la transition capitaliste, sont naturellement sur-représentés.
On compte parmi les personnes âgées de plus de 45 ans, 70 à 85% d’individus regrettant l’Union soviétique. Trois personnes sur quatre de milieu modeste, n’ayant pas réalisé de longues études, gardent une image positive de l’ex-URSS.
Enfin, ces sentiments positifs envers l’État socialiste se trouvent également largement majoritaires dans les deux plus grandes villes du pays, Moscou et St-Petersbourg, où deux personnes sur trois partagent ce constat.
Seulement un tiers des russes ne regrettent pas la dissolution de l’URSS, avec un profil dominant de jeune diplômé.

Il faut rappeler que la transition capitaliste, loin des promesses initiales a été et demeure un désastre pour la population russe.
Aujourd’hui, la production a chuté de moitié et n’a pas encore atteint son niveau de 1991.
Le salarié actuel est plus pauvre, en moyenne, que le salarié soviétique.
En 2011, le salaire réel moyen était encore de 5% inférieur à celui de 1991!
La Russie  compte 25 millions de pauvres (20% de la population) et l’écart entre les 10% les plus riches et les plus pauvres est de 1 à 60.
Seule fraction de la population ne pâtissant pas la crise, les « oligarques ». 101 milliardaires en 2011, deux fois plus qu’en 2008. Ce sont surtout eux que l’on voit dans les palaces de la Côte d’Azur.

50 ans après sa mort, Joseph Vissarionovitch Djougachvili Staline (en géorgien : იოსებ ბესარიონის ძე ჯუღაშვილი)  a quitté le temps des hagiographies ou des haines politiques et des théories pour celui de l’Histoire de son peuple et du monde qu’il aura marqué de son empreinte notamment par le rôle éminent qui a été le sien à la tête de l’URSS pendant la II° Guerre mondiale.

A écouter: la conférence démystificatrice que l’écrivain et historien catholique, proche de F. Mauriac, Henri Guillemin (1903-1992)  a consacrée à Staline.

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