1943-2013: Un colloque à Nice pour le 70ème anniversaire du Conseil National de la Résistance

jean moulin

A l’occasion du 70 ème anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance dont le programme et le message demeurent plus que jamais d’actualité, un colloque est organisé, ce week-end à Nice, par le Comité Nouvelle Résistance 06.
On trouvera ci dessous le détail de cette rencontre qui au vu des intervenants annonce des débats de qualité (cliquer ci dessous pour accéder au document).

Dépliant Colloque CNR mai 2013-1

Quelques points de repères historiques:

Le Conseil National de la Résistance (CNR) est l’organe qui, à partir de mi-1943, dirigea et coordonna les différents mouvements de la Résistance, de la presse, des syndicats et des membres de partis politiques qui combattaient « l’Etat Français » pétainiste et le gouvernement de collaboration « de Vichy » avec l’Allemagne nazie.

Son premier président fut l’ancien préfet Jean Moulin, délégué du Général De Gaulle, qui voulut instaurer ce Conseil pour unifier les différents mouvements de Résistance qui s’étaient constitués depuis la défaite et son Appel du 18 Juin, au lendemain de la demande d’armistice par P. Pétain.

Hormis les Francs Tireurs et Partisans (FTP) et autres résistants d’obédience communiste, la plupart des mouvements de Résistance étaient souvent mal organisés et insuffisamment coordonnés. Cette situation d’émiettement empêchait l’ action commune organisée et elle nuisait à l’ efficacité.

Le 1er janvier 1942, Jean Moulin devient  le représentant du général de Gaulle avec pour mission d’unifier l’ensemble des mouvements de Résistance.
En juin, il met en place un Comité des experts chargé de penser la synthèse des projets politiques pour l’après guerre. L’unification se réalise un an plus tard, le 27 mai 1943, lors de la première réunion du CNR qui se tient à Paris .

Les membres du CNR au 27 mai 1943:

Outre Jean Moulin et ses deux collaborateurs, Pierre Meunier et Robert Chambeiron, ont participé à la réunion historique du 27 mai 1943 :

1/ les représentants des huit grands mouvements de résistance :
– Pierre Villon du Front National créé par le Parti Communiste Français,

– Roger Coquoin (tué en juin 1943) pour « Ceux de la Libération »,
– Jacques Lecompte Boinet pour « Ceux de la Résistance »,
– Charles Laurent pour « Libération Nord« ,

– Pascal Copeau pour « Libération Sud« ,
– Jacques-Henri Simon pour l’Organisation Civile et Militaire,
– Claude Bourdet pour « Combat« ,

– Eugène Claudius-Petit pour « Franc-Tireur »

2/les représentants des deux grands syndicats d’avant-guerre :
Louis Saillant CGT,

Gaston Tessier CFTC,

3/les représentants des six principaux partis politiques de la III° République
André Mercier PCF,
André Le Troquer SFIO,
Marc Rucart Parti Radical,
Georges Bidault Démocrates Chrétiens,
Joseph Laniel Alliance Démocratique (droite laïque),
Jacques Debû-Bridel (droite catholique),

Robert Chambeiron a expliqué l’importance capitale du CNR: « Après le 27 juin, les Américains ne peuvent plus douter de la légitimité de de Gaulle.
La France devient un pays allié à part entière et, à ce titre, sera présente lors de la capitulation des armées nazies, le 8 mai 1945.
D’autre part, les Alliés doivent abandonner leur projet d’administrer eux-mêmes la France au fur et à mesure de sa libération.
Et, parce qu’il y a eu le CNR et de Gaulle, la France sera, lors de la création de l’Organisation des Nations unies, l’une des cinq grandes puissances à occuper un siège permanent au sein du Conseil de sécurité.
 »

Peu après la création du CNR, le 21 juin, Jean Moulin est dénoncé et arrêté à Caluire près de Lyon, par la police nazie.
Après avoir été torturé pendant trois jours par Klaus Barbie (qui torturera à mort le polytechnicien niçois Max Barel), il meurt -sans avoir parlé- le 8 juillet 1943 alors qu’il est transféré vers l’Allemagne.
Son silence empêche les nazis de liquider le CNR .

Georges Bidault lui succède à la  présidence du CNR.
Un Comité général d’étude est chargé de préparer une plate-forme politique pour la France d’après la Libération. Ainsi seront posées les bases du Programme du Conseil National de la Résistance qui sera adopté à l’unanimité le 15 mars 1944.

Ce programme a transformé totalement les conditions de vie des Français et donné au pays les outils économiques qui lui ont permis de se reconstruire, de se développer en garantissant à tous les citoyens des droits sociaux, économiques et politiques nouveaux.
A l’heure où les politiques néolibérales -et les gouvernements (de Droite ou sociaux-libéraux) qui les appliquent- s’emploient à réduire et à casser tous ces acquis sociaux et économiques, le Programme du Conseil National de la Résistance retrouve toute sa dimension.
C’est dire tout l’intérêt du Colloque de Nice, les 25, 26,27 mai  !

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