Rythmes scolaires: une déclaration de Jacques Victor au nom des élus communistes et républicains des AM

rythmes

 Remettre l’élève au centre de l’Ecole

Il est pour le moins paradoxal s’agissant de la réforme des rythmes scolaires, où ceux qui la mettent en œuvre n’ont cessé de brandir l’intérêt des enfants de constater les objections qu’elle soulève, tant de la part des communautés éducatives que des collectivités censées la mettre en œuvre. Si un large consensus existait pour revenir sur la semaine de quatre jours imposée sans concertation par le précédent gouvernement de droite, ce que beaucoup d’élus de droite semblent oublier aujourd’hui, c’est bien parce que cette réforme, souffre non seulement du même manque de concertation mais reste déconnectée d’une réflexion plus globale sur le rôle de l’école et sur les objectifs qui doivent être ceux de l’École de la République.

Elle doit se fonder sur des principes essentiels, tout d’abord l’ambition que tous les élèves sont susceptibles d’apprendre et de réussir en partant du postulat que l’enfant n’a que l’École pour apprendre et que celle-ci doit s’inscrire dans la volonté de proportionner les mêmes opportunités de succès à tous les élèves.
Or, contrairement aux justifications avancées, la loi s’attache d’abord à la question de la liberté de choix des maires, afin d’essayer de désamorcer la contestation grandissante qu’elle engendre, plus qu’au sujet des rythmes scolaires proprement dits.
Ce faisant, elle inscrit dans le Code de l’Éducation le libre choix des maires en ce qui concerne l’organisation du temps scolaire dans les écoles maternelles et primaires.
En se défaussant sur les maires, l’État érige l’inégalité en principe et porte atteinte au caractère national de l’Éducation, ignorant que le Code de l’Éducation et le décret l’accompagnant accordent des marges de manœuvre aux maires, qui peuvent, dans une certaine mesure, tenir compte des réalités locales.

C’est d’autant plus vrai dans un contexte de purge austéritaire imposée arbitrairement aux collectivités qui se voient simultanément chargées de nouvelles prérogatives quand leurs ressources diminuent fortement.
Sur le plan financier, l’État ne compense qu’une partie des coûts supportés par les collectivités, grâce à un fonds d’amorçage.
Non seulement le faible montant de ce dernier ne permet pas de compenser la totalité des frais de mise en œuvre, mais, de surcroît, il n’est, par définition, pas pérenne.
Ce qui fait reposer, à terme, le financement de cette loi sur les communes, lesquelles connaissent une forte et durable dégradation de leurs dotations budgétaires.
En transférant ainsi aux communes la charge de sa mise en œuvre sans compensation des coûts, l’État entérine une inégalité de traitement face au temps scolaire et périscolaire. Cette situation de fait ne pourra que renforcer la fracture sociale et mettre en péril la réussite d’une réforme égalitaire des rythmes.

Si la concertation avec les communes chargées de mettre en œuvre cette loi est évidemment indispensable, ce que la droite avait négligé lors de la mise en place de la semaine de quatre jours, les grands préceptes régissant l’organisation du temps scolaire doivent relever de la responsabilité de l’État, au nom du principe d’égalité et d’unicité du territoire.
Un élève doit disposer du même temps d’apprentissage des savoirs dispensés par l’Éducation Nationale partout en France, quel que soit son lieu de résidence.

Ce n’est donc pas un hasard si le débat a surtout porté sur l’aspect financier de cette nouvelle organisation, en occultant le véritable enjeu du débat, à savoir la visée éducative.
Voilà pourquoi nous estimons cette loi dangereuse car elle porte les prémices d’une déstabilisation de l’Éducation Nationale, sans répondre à l’enjeu essentiel d’un grand service public qui redonne force à la démocratisation scolaire.
L’élaboration d’une pédagogie déconstruisant l’échec scolaire et conduisant chaque élève au plus haut niveau de connaissance ne saurait se réduire à la seule modification du temps scolaire.
Pour construire une Ecole publique, faisons refluer les inégalités scolaires et émerger une culture d’accès aux savoirs, à l’Education et aux loisirs pour tous en y associant les communautés éducatives et l’ensemble des acteurs concernés, collectivités comprises !

le 13/05/2014

Pour les Élus Communistes et Républicains des AlpesMaritimes
Jacques VICTOR, Conseiller Général,
Président de l’Association Départementale des Élus Communistes et Républicains

Publicités

3 réponses à “Rythmes scolaires: une déclaration de Jacques Victor au nom des élus communistes et républicains des AM

  1. Bien parlé ! Ceci dit, ce sont les mêmes arguments avancés par la droite (Estrosi en chef de file) ça coûte cher et ça accentue la fatigue des élèves !! Comme quoi, on tourne en rond !
    Ce n’est pas une vision globale sur les finalités de l’école qu’il faut avoir (ça ça fait des lustres qu’on l’a) c’est une approche du problème des rythmes dans sa globalité (éducative, chronobio, financière, lié aux conditions de travail, à la famille, au tourisme, au structure d’accueil peri et extra scolaire etc…) Bref, c’est une usine à gaz cette question des rythmes (je suis pas sûr qu’en empilant les consultations ce soit la solution) Moralité, on revient aux 4 jours et basta pour le moment !!

  2. Je n’ai jamais vu la droite défendre l’Ecole de la République !

  3. Estrosi, Ciotti et la clique de l’UMP sautent sur tous les prétextes pour mobiliser contre Hollande et le gouvernement socialiste qui mènent une politique social-libérale qui n’a plus rien à voir avec les valeurs de la Gauche véritable. C’est se tromper lourdement de croire qu’ils ont en tête la défense de l’Ecole publique et l’intérêt des élèves.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s