« Nice Matin »: vers le dépôt de bilan?

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C’était prévisible.
Notre blog l’annonçait le 21 avril dans l’article « Nice Matin: la dégringolade continue », l’horizon s’obscurcit  pour le quotidien.
Confirmation en est donnée par le communiqué publié ce jeudi soir, la Fédération des travailleurs des Industries du Livre, du Papier etde la Communication (FILPAC-CGT),  fédération professionnelle de la CGT qui rassemble les syndicats de l’impression de l’édition, de la presse du papier et de la communication, qui  fait le point sur la situation très critique dans laquelle  est le journal « Nice Matin ».
Aujourd’hui, un Comité d’Entreprise  est convoqué. Il sera suivi par une Assemblée Générale  du personnel.
Lundi 26 mai, le Tribunal de Commerce de Nice devrait être saisi du dossier dans la perspective d’un dépôt de bilan.
Au delà du devenir d’un organe de presse dont la rédaction en chef, d’une servilité absolue à l’égard de l’UMP et de ses représentants locaux , n’hésite pas à pratiquer censure, black out et désinformation à l’égard de tout ce qui pense différemment, (on l’a encore vu pendant les élections municipales), c’est surtout aussi le sort de centaines de salariés qui est en jeu.
Aussi lamentable soit-il, le comportement  de certains chefs d’agence et  journalistes à l’égard des militants et élus du Front de Gauche et de tous ceux qui dérangent « l’ordre UMP » dans le département, ne doit pas empêcher notre solidarité avec les centaines de travailleurs  du journal et leurs familles dont l’avenir est  menacé.

De cette situation pourtant dramatique, pas un mot dans les éditions de « Nice Matin » d’aujourd’hui: un comble!

Le communiqué de la FILPAC CGT

« Nice-Matin » s’achemine vers un dépôt de bilan qui devrait intervenir dès lundi.

La direction de « Nice-Matin  » a convoqué aujourd’hui un Comité d’Entreprise pour informer le personnel de l’ouverture d’une procédure collective de redressement judiciaire, a-t-on appris de sources concordantes. Le comité d’entreprise convoqué aujourd’hui à 11h00 aura notamment à son ordre du jour « une information et une consultation sur le projet de demande d’ouverture d’une procédure collective de redressement judiciaire ». Deux autres comités d’entreprise sont également convoqués aujourd’hui pour la régie publicitaire Eurosud Côte d’Azur et la société de portage Publi Nice Services.
Corse Presse, qui édite « Corse-Matin », et qui est détenue à 50 % par Nice Matin et à 50 % par « La Provence » n’est pas concernée.

La direction, qui doit évoquer « la situation économique de Nice-Matin », n’a pas précisé si les repreneurs déclarés du groupe – le fonds GXP associé à M. Jean Icart – ont renoncé ou non à leur projet d’investissement. Le Comité d’Entreprise donnera lieu aussi vendredi à un vote pour désigner « un représentant à la procédure collective ».

Les syndicats du groupe ont annoncé l’organisation dans la foulée d’une assemblée générale du personnel, vers 12h30.
« L’argent miracle de GXP n’est pas arrivé, n’arrivera pas ou arrivera trop tard. Ils nous ont amenés dans le mur », a commenté hier l’intersyndicale du groupe Nice-Matin dans un communiqué.
Les comptes de l’entreprise sont tels qu’il n’y a qu’une issue, terrible, pour qu’au moins nos salaires de mai puissent être payés.
Cette issue, c’est la procédure de redressement judiciaire.
La direction l’a lancée aujourd’hui en convoquant un CE extraordinaire pour demain vendredi », poursuit le texte.

Selon les syndicats, le tribunal de commerce de Nice sera saisi du dossier lundi matin, un autre Comité d’Entreprise sera convoqué lundi et le redressement judiciaire sera alors lancé officiellement.
« Le redressement judiciaire, c’est l’inconnu. La seule presque certitude, c’est qu’Hersant y perdra tout », commentent les syndicats, qui se battent depuis des mois pour qu’un plan social se fasse en douceur sans licenciements.
L’actuel propriétaire Groupe Hersant Média (GHM) avait annoncé en février que le fonds d’investissement « GXP Capital » s’associait à l’élu local Jean Icart pour reprendre le groupe Nice-Matin. GXP Capital, dirigé par M. Gilles Périn, est présent dans l’hôtellerie haut de gamme et dans la construction navale. M. Périn avait indiqué avoir l’intention d’apporter avec Jean Icart un soutien financier de 20 millions d’euros via « Nice Morning », nouvel actionnaire majoritaire duGroupe Nice-Matin.
L’accord, maintes fois repoussé, devait être finalisé fin février.
Fin avril, GXP avait indiqué avoir versé deux millions d’euros (cf. « CP » du 28 avril) – sans que cela ne soit confirmé – et M. Icart avait intégré le conseil d’administration.
« Le fonds suisse GXP a certainement de l’argent mais comment le réinjecter en France ? », s’interroge M. Jean-Clément Texier, Président-Directeur Général de la Compagnie financière de communication SA (Coficom), qui rappelle que la législation française interdit en principe à un investisseur non communautaire d’acquérir plus de 20 % d’un journal hexagonal. Selon lui, le dossier semble avoir été monté de « façon beaucoup trop légère ».

filpac-cgt.fr- le 23/05/2014 -07:21:29

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