Elections grecques: un tournant historique pour les peuples de l’Union Européenne

grece

Les élections législatives anticipées du 25 janvier en Grèce marquent un tournant  capital dans l’histoire de la Grèce contemporaine, mais aussi pour tous les peuples de l’Union Européenne soumis à la pensée unique néolibérale et aux diktats ravageurs de la Commission de Bruxelles, d’une Banque Centrale Européenne incontrôlée et du FMI.


Depuis cinq ans, la Grèce a été le laboratoire de décisions découlant d’une pensée économique qui a ravagé pendant plus d’une décennie les pays d’Amérique du Sud -incarnée par « l’Ecole de Chicago », A.Pinochet et M.Tatcher- dont on connaît les leitmotivs: moins d’Etat, moins de services publics, moins de fonctionnaires, vente des entreprises publiques et des sociétés nationales, bradage du patrimoine national, dans le cadre d’une mondialisation échevelée menée pour le compte des grandes multinationales et des banques.
Le peuple grec a payé une facture difficilement imaginable: l’effondrement du PIB de 25% dont l’insupportable violence  a été soulignée même par B. Obama, la baisse des salaires et retraites de près de 40%, la liquidation des entreprises publiques, le licenciement de dizaines de milliers de fonctionnaires, le système de santé et couvertures sociales réduite à néant, la braderie du patrimoine national,etc.
Tout cela pour rembourser une dette due à la gestion des deux partis qui ont alterné au gouvernement depuis 1974: PASOK (socialiste) et Nea Democratia (droite conservatrice). Deux partis dont les dirigeants très souvent corrompus ont « géré » le pays, en s’opposant, mais aussi dans la dernière période associés au gouvernement, comme un « business » sur le dos de la population sans jamais, par exemple, exiger de la très riche Eglise et des armateurs (qui sont propriétaires d’une des premières flotte marchande au monde) qu’ils acquittent le moindre impôt…
Dans, cette  situation économique et sociale, l’Union Européenne et certains pays, en premier lieu l’Allemagne, portent des responsabilités écrasantes: aussi bien dans les nombreux scandales de corruption que dans la politique des prêts incontrôlés dont les bénéficiaires ne sont pas seulement grecs.
Or, au lieu de faire diminuer la dette, cette politique de régression sociale barbare l’a considérablement augmentée (aujourd’hui, 170% du PIB) sans qu’à aucun moment les  partis européïstes de droite et « socialiste » ne la remettent  en cause.

LES ELECTIONS DU JANVIER:UN TOURNANT HISTORIQUE

Les élection du 25 janvier marquent donc un tournant historique car elles constituent une rupture politique et la preuve qu’une alternative à l’austérité de l’U.E. existe pour la Grèce et pour tous les peuples d’Europe qui en ont assez de payer une crise qui n’est pas la leur, mais celle du capitalisme financier et de la financiarisation de toutes les activités économiques.

SYRIZA ET LES COMMUNISTES GRANDS VAINQUEURS

Avec 36,34%, la Coalition de Gauche Radicale Syriza menée par Alexis Tsipras (qui, en 2009, recueillait 4,5% des voix et en juin 2012 à 27%) obtient 149 sièges au Parlement (la Voulé). A deux sièges de la majorité absolue (151).
Le Parti Communiste de Grèce (KKE) obtient un score plus qu’honorable. Il récupère sur ses pertes de 2012 ( de 277 204 à 337 947 suffrages : +1%).  Alors que ses électeurs auraient pu être aspirés par l’effet Syriza, il progresse également et  passe de 4,5% à 5,5% :  de 12 à 15 députés.
Syriza et le KKE sont les seuls partis à progresser

Parallèlement,  le parti socialiste PASOK s’effondre : 44% et 160 sièges en 2009, 4,7% et 13 sièges en 2015.
Pour la première fois, le PASOK passe derrière le Parti Communiste. A noter que l’ex leader du PASOK et fils de son fondateur, Andreas Papandreou qui a créé un nouveau parti n’obtient pas les 3% pour être représenté au Parlement.

A droite, Nea Democratia est à 27% (76 sièges). Elle recule de 2 points mais reste à un haut niveau.
Un autre parti de droite -souverainiste-: « Les Grecs Indépendants » compte 13 députés. Tandis que « To Potami » (« le Fleuve »), mouvement centriste est en net recul (de 28 députés, il passe à 13).
A l’extrême-droite, les néo nazis d’Aube Dorée reculent légèrement : 6,3% et 17 sièges.

LA SIGNIFICATION DE CE SCRUTIN

Ces résultats marquent donc une déroute pour les partis qui ont gouverné la Grèce, depuis des décennies, dans l’intérêt du grand capital et qui, tout comme l’Union Européenne sont responsables de la politique de désastre économique et social que vit le peuple grec.
Ils sont aussi une gifle pour ceux qui dans le cadre de l’Union Européenne ont multiplié des pressions scandaleuses, les chantages et les ingérences (dont celle de la chancelière allemande CDU, A. Merkel, mais aussi de l’ex ministre « PS », aujourd’hui Commissaire Européen, P. Moscovici) pour faire voter les Grecs en faveur de la ND et du PASOK.
Par leur vote, les Grecs ont manifesté l’exigence de dignité et de respect de leur souveraineté nationale.
Le vote des Grecs exprime évidemment aussi le rejet des politiques d’austérité, de surexploitation des travailleurs et de destruction des droits sociaux et du Travail imposés par la « Troïka ».

Les urnes grecques viennent donc de donner un avertissement sérieux et positif aux dirigeants de l’U.E. qui n’ont cessé de placer l’intérêt des marchés financiers au dessus des travailleurs, des citoyens et de la société.
Avec le résultat de ces élections, le peuple grec a ouvert, pour tous les peuples d’Europe, une brèche dans la forteresse des puissants .
Il n’est qu’au début d’un long et difficile chemin.
Il aura besoin de toute notre solidarité agissante.
Mais il nous montre une voie enthousiasmante: celle d’un formidable espoir avec  la possibilité d’une alternative politique réelle qui bénéficie enfin non plus aux banques, mais aux travailleurs et aux peuples.

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Une réponse à “Elections grecques: un tournant historique pour les peuples de l’Union Européenne

  1. …Les urnes grecques viennent donc de donner un avertissement sérieux et positif aux dirigeants de l’U.E…
    Espérons que ce sera bien plus qu’un avertissement dont les dirigeants de l’EU n’ont rien à faire ; l’absence de réaction de la bourse des différents pays de l’UE, autre que celle de la Grèce, l’a amplement montré. Bref, espérons une rupture sans condition à défaut de quoi les choses repartiront comme avant.
    Cordialement.

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