La dette, un verrou dans les têtes

Refuser-la-dette-illégitime 

Un billet (pertinent et cinglant) d’Eric Bocquet, sénateur communiste du Nord, paru dans le journal « Liberté-Hebdo ».

Les annonces du gouvernement présentant les grandes lignes du budget 2015 sont d’une incroyable et tragique banalité tant elles marquent une extraordinaire continuité dans les mesures prises par les gouvernements successifs depuis très longtemps. La clé de voûte de l’argumentaire de nos gouvernants tient essentiellement en un mot : la DETTE ! Bien sûr, il y a plein de bon sens à rembourser ses dettes, c’est tout à fait logique et même moral. Il y a pourtant lieu d’examiner cette fameuse dette d’un peu plus près.

Un collectif pour un audit citoyen de la dette publique s’est attelé à la tâche pour décortiquer cette dette, leur travail démontre que la dette de l’État représente 79 % de la dette publique.
Or, elle ne peut avoir été causée par un excès de dépenses puisque celles-ci n’ont augmenté que de 2 % ces 30 dernières années. En fait, c’est surtout un déficit persistant de recettes qui explique le niveau de notre endettement.

Les exonérations fiscales et sociales accordées, aux grandes entreprises pour l’essentiel, sur cette période représentent un manque à gagner de 488 milliards d’euros.
On notera à ce propos une remarquable continuité depuis 14 ans, le total des mesures du gouvernement Jospin entre 2000 et 2002 a représenté 39,9 milliards, pour Chirac de 2006 à 2007 les sommes se chiffrent à 12,4 milliards enfin pour Nicolas Sarkozy on atteint le chiffre de 22,7 milliards.
Il convient aussi de rappeler ici qu’une partie de notre dette provient du renflouement du système bancaire et financier au plus fort de la crise de 2008.
La dette privée fut en quelque sorte nationalisée ! Ah ces libéraux… incorrigibles !

De plus les Etats sont tenus depuis 40 ans de se financer sur les marchés financiers et non plus auprès des banques centrales, ainsi les intérêts de 2 % versés aux marchés se montent à 589 milliards d’euros. Enfin, depuis 1980, on estime que l’évasion fiscale a coûté à notre pays 424 milliards d’euros. Ainsi aujourd’hui le chiffre de 2000 milliards de la dette permet au gouvernement de « semer la panique » dans l’opinion afin que les contribuables consentent, sans les approuver pour autant, aux nouvelles mesures d’austérité qu’on leur annonce, il n’y a pas d’alternative, etc… oui, elle est devenue un véritable verrou psychologique.

Au fait, 2000 milliards, ça n’est pas rien, c’est énorme. C’est presque l’équivalent du PIB de la France chaque année.
C’est aussi le total du bilan financier de la BNP-Paribas, 1ère banque européenne…

Ah bon vous me rassurez…

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