Conseil départemental: un Budget 2016 « Encore plus conservateur, plus frileux, plus timoré » (1)

austérité-panneau
Le 6 novembre, à l’occasion du Débat d’Orientation Budgétaire donnant les grands axes du budget 2016 du Département des Alpes Maritimes, le Président du groupe du Front de Gauche , Francis Tujague (PCF) a épinglé la majorité ex UMP-LR et son Président, E. Ciotti soulignant que celui ci prétend  que ses orientations seraient
« porteuses d’un budget courageux et volontariste ». Or, à la lecture des quatre grands axes qui fondent ce futur budget et de plusieurs rapports présentés au cours de cette session « on a, à l’inverse, le sentiment que le budget à venir sera, hormis l’effort de solidarité envers les victimes des intempéries du 3 octobre, encore plus conservateur, encore plus frileux et timoré que ceux des dernières années » dénonce le Président du groupe du Front de Gauche.

Et Francis Tujague de pointer l’accord de fond existant entre les choix de la majorité UMP-LR du Conseil départemental des A.M. et le gouvernement social libéral actuel : « Comment, d’ailleurs, pourrait-il en être autrement à partir du moment où vous persévérez, avec une constance qui ne se dément pas, à donner la priorité à la réduction de la dépense publique dans le droit fil de la politique gouvernementale actuelle. Un gouvernement à qui vous reprochez seulement de ne pas en faire plus en matière d’austérité. Et ceci alors que ces politiques nous enfoncent dans la récession et le chômage et n’ouvrent aucune perspective d’amélioration de la situation du pays, particulièrement pour ceux qui en souffrent le plus.

Ce n’est pas la moindre de vos contradictions que de déplorer d’un côté, à juste titre, le désengagement sans précédent de l’État en regrettant seulement qu’il ne soit pas d’avantage étalé dans le temps, pour de l’autre côté, appliquer le même principe arbitraire de réduction mécanique des crédits aux partenaires du Département dont vous annoncez qu’ils devront supporter une réduction de 10% en trois ans des dotations dont ils bénéficient au titre des Contrats Pluriannuels d’Objectifs et de Moyens.

S’agissant du premier axe qui porte sur la maîtrise des dépenses de fonctionnement.
Comment parler de maîtrise de ces dépenses lorsque la part des dépenses contraintes, celles qui découlent des charges transférées par l’État mais toujours très incomplètement compensées, ne cesse d’augmenter ?

Si l’on tient compte des seules Allocations Individuelles de Solidarité, leur part dans le total des dépenses est passée de 22,9 % en 2006 à 26,1 % en 2011, soit une augmentation de 3,2 points au cours des cinq ans pendant lesquels votre majorité dirigeait le pays pour atteindre 28,5 % en 2014. Et ceci sans compter la charge de travail et donc les dépenses croissantes qui en résultent pour les services départementaux.

En réalité, -explique l’élu communiste- se fixer pour objectif, de maitriser globalement les dépenses de fonctionnement alors que les charges contraintes augmentent fortement conduit naturellement à diminuer dans des proportions importantes les dépenses de fonctionnement des autres services avec trois conséquences:

  • La première de celles-ci est la diminution des possibilités d’intervention dans tous les domaines qui relèvent de nos compétences; routes, collèges, solidarités humaine et territoriale…

Elle se manifeste d’ailleurs dans la décision modificative par des réductions de crédits qui affectent le développement des infrastructures et l’Education.

Elle est pointée du doigt par le Rapport d’observations définitives de la Chambre Régionale des Comptes PACA consacrée au maintien à domicile des personnes âgées en perte d’autonomie qui relève que « De 2009 à 2013, les dépenses brutes de l’Aide aux Personnes Âgées ont décru, en valeur, de 3,8 % en moyenne par an. Les montants moyens mensuels d’APA ont diminué de près de 11 % pour l’aide à domicile et de plus de 11 % pour la dépendance en établissement. ».

  • La deuxième conséquence est un affaiblissement de la collectivité départementale alors que nous devrions nous attacher à conforter son rôle dans un contexte ou l’objectif de faire disparaitre le département de l’organisation de notre République et, avec lui les communes, est loin d’être abandonné.

Même, si pour le moment, le Conseil départemental est relativement épargné par la loi NOTRe, cette situation devrait nous inciter à nous préoccuper sans retard de la façon dont nos compétences seront exercées à l’avenir avant que les autres collectivités concernées par cette loi tranchent à notre place et que nous n’ayons plus à assumer que ce que les autres ne veulent pas. »

A suivre

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