« BREXIT »: le référendum britannique exprime le ras le bol des peuples de l’U.E.

Europe crise

Les résultats du référendum  du 23 juin en Grande Bretagne sont clairs.
Les Britanniques ont voté massivement.  Le taux de participation a été de  72,2% 52% des votants se sont prononcés pour la sortie du pays de l’Union Européenne.
Conséquences immédiates: la baisse de la Livre sterling, le dévissage des bourses, la démission du Premier ministre conservateur D. Cameron partisan du maintien dans l’UE, comme les milieux financiers, B. Obama, la Commission de Bruxelles,  le Parti Travailliste, etc.
Pour leur part, les Partis Communistes d’Irlande et de Grande Bretagne et divers syndicats, estimant que l’UE n’est pas réformable, ont expliqué qu’ils étaient, eux, favorables à  un « Lexit » (une sortie « de Gauche »).

A noter qu’une fois encore les sempiternels  médiacrates français qui régentent l’opinion publique et les journaux de la pensée unique s’étonnent de ce résultat ( l’inversion des résultats du derniers sondage ) et stigmatisent ce peuple -qui comme toujours- n’aurait rien compris…
La même chanson (avec souvent les mêmes interprètes) qu’après le Non au référendum français sur la Constitution européenne, les mêmes pseudo arguments qui ont conduit , contre tout respect de la démocratie, à refaire voter les Danois et les Irlandais qui, comme les Français et les Hollandais avaient eu l’insolence de dire Non.

Ces « élites » autoproclamées, politologues et politiciens ne se sont à aucun moment remis en cause. Mieux ils ont contribué à faire avaler sous la présidence de Sarkozy, en 2009, le scandale de l’acceptation par le Parlement français du Traité de Lisbonne qui reprenait une grande partie des dispositions rejetées lors du référendum de 2005.
Seuls les députés et sénateurs du Parti Communiste Français et du Front de Gauche et une poignée de réfractaires éparpillés dans divers groupes étaient alors restés fidèles au vote des Français en 2005.

Aujourd’hui, si l’on avait à revoter en France, le Non à une constitution européenne ne serait plus de 55%,  mais de 65%.
Mais peu importe… on continue comme si de rien n’était, la même politique néolibérale, d’abandon des souverainetés nationales, de recherche du profit maximum, de casse des services publics, de chômage (22 millions de personnes dont 4 millions de jeunes), de réduction des salaires, de liquidation du Droit du Travail, d’enrichissement honteux d’une poignée de privilégiés et d’appauvrissement et de difficultés pour les peuples.

Jamais , la perception des  politiques de l’U.E. n’a été aussi négative.

C’est là que sont les causes de fond du Brexit (y compris dans le rapport à l’immigration).

Or, ces causes d’impopularité de l’U.E. se retrouvent dans beaucoup de pays qui en sont membres.
Une étude récente du Pew Resarch Center, publiée le 7 juin, montre que les opinions négatives sur l’UE ont augmenté de 34% ces 10 dernières années.
L’enquête relève qu’en 2007, la vision négative était en moyenne de 15% dans les 10 pays analysés.
En 2016, ce pourcentage atteint les 49%.
L’ensemble des pays (Allemagne, Espagne, France, Grèce, Hollande, Hongrie, Italie, Pologne, Royaume Uni et Suède) représente 80% de la population de l’UE et 82% de son économie.

La Grèce arrive en tête du mécontentement avec 71% des réponses qui trouvent plus d’inconvénients que d’avantages à appartenir à l’UE.
La France suit avec 61%, puis l’Espagne (49%) et la Grande Bretagne (48%).
Curieusement, le pourcentage des « mécontents » britanniques est de même niveau que celui de pays comme l’Allemagne (48%) ou la Hollande (46%).
Les pays où l’opinion demeure très majoritairement positive sont la Pologne (72%), la Hongrie (61%), l’Italie (58%) et la Suède (54%).

Dans les pays du Sud, 65% des Espagnols, 66% des Français, 68% des Italiens et 92% des Grecs rejettent les choix économiques de l’UE.
En clair, si une claire majorité de Grecs et de Français trouvent négative l’appartenance à l’UE, même en Espagne -où les avis négatifs n’ont pas la majorité absolue- et en Italie -où l’appartenance est ressentie comme positive- les politiques européennes néolibérales sont condamnées dans le Sud de l’Europe.
Le référendum britannique, avec la victoire du Brexit malgré toutes les pressions sur les électeurs, prouve qu’aujourd’hui ces choix économiques et politiques, l’absence de démocratie et de contrôle sur les eurocrates de Bruxelles, le poids des lobbies, sont en train de défaire l’Union Européenne.

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5 réponses à “« BREXIT »: le référendum britannique exprime le ras le bol des peuples de l’U.E.

  1. Au moins,on ne leur dira plus comment choisir la couleur de leurs fraises,la grosseur de leurs melons,leurs quotas laitiers,le prix de leur viande ect…..
    Vivement que la France sorte de ce « fléau ».

  2. Excellent article. j’ajouterais pour compléter ce tableau désastreux concernant cette dictature qui ne dit pas son nom. Quelques régressions que nous devons à cet ordolibéralisme imposé par l’Union Européenne:
    1- La loi El Khomri est imposée par la commission de Bruxelles. http://ec.europa.eu/europe2020/pdf/csr2016/csr2016_france_fr.pdf
    2- La vente des barrages hydraulique au privé est imposé par l’Union Européenne.
    3- La mort de la Sécurité Sociale est imposée par l’Union Européenne (semestre européen: les recommandations de Bruxelles du 18 mai 2016 qui donnent le feuille de route pour 2017) .
    4- Ect.

  3. Sortir? ne pas sortir? telle n’est pas la question! l’article donne une bonne analyse mais la question posée: Comment et avec qui construire un nouveau rapport de force pour créer les conditions d’une Europe solidaire? Quelles réponses claires face au National Capitalisme? Il y a urgence d’éclairer!

  4. Marcella GArcia-Knipping

    Vous omettez allègrement les rôles du mensonge, le rôle de l’extrême-droite qui à surfer sur cet mécontentement (à juste titre), et ceci est d’autant plus demageable que ici nous allons rencontrer le même « surf » par l’extrême droite et je ne vois pas comment nous allons nous distinguer de l’ensemble de l’amalgamé dont FN et cie seront capables, si nous ne développant pas un argumentaire à la portée de tous et en évitant tout amalgame de part de notre argumentation.

  5. Bonjour à toutes et à tous,

    Je préfère débuter par dire que je suis profondément opposé au consumérisme de masse, à l’extrême liberté des marchés et surtout j’abhorre par dessus tout, non pas la recherche de profits, mais l’inégalité entre la classe productrice indigente et la caste des dirigeants / vendeurs (voleurs) qui mesure leur bonheur en euro !

    Ceci dit, je peux à présent dire que je pense que ce n’est pas l’Europe qu’il faut blâmer mais les hommes qui la gouvernent, la coulent.
    Il faudrait voir l’Europe comme les États-Unis d’Europe, où chaque pays reste indépendant des autres, mais qui pour « Le plus grand bien » sont convenus d’une politique économique, judiciaire, écologique, etc commune.

    Il s’agit moins d’une centralisation que d’un idéal commun. Évidemment, il est naïf de penser qu’une vingtaine de pays vont réussir à s’accorder sur autant de sujets primordiaux en peu de temps.

    Je suis de ceux, optimistes et humanistes, qui pensent que la France a un rôle capital dans la fondation des communautés européennes. Je parle au pluriel car il n’y a pas que la classe dirigeante (de pseudo-gauche … laissez moi rire) et ses alliés ultra-capitalistes (je refuse d’utiliser le mot libéral) européen pour diriger l’Europe.
    Le plus gros problème est que de gauche il ne reste plus grand chose et que pour continuer le progrès social et le diffuser dans toute l’Europe il faut que la Gauche se réveille (ressuscite).

    Si la Gauche reprenait le pouvoir en France, dans les pays voisins, il arrivera un jour où l’Europe sera fortement incliné sur la gauche et elle regagnera sûrement son intégrité ainsi que son utilité originelles.

    En attendant, sachez que les tendances de recherches Google à la suite du Brexit, alternaient entre « Mais bon dieu qu’elles sont les conséquences du Brexit ? » avec le non moins navrant « Mais au fait qu’est-ce que le Brexit ? A quoi avons-nous dis non ? » … consternant et très révélateur / symptomatique de notre société, extrêmement peu impliquée politiquement et qui plus par facilité / fainéantise préfère dire non que d’essayer de comprendre grand chose au sujet en question.

    Le choix du plus grand nombre c’est ce qui définit la démocratie certes, mais il ne garanti en aucun cas de prendre la bonne décision.
    Quitter le fiasco européen pour le fiasco national, nous serons bien avancés !
    Le problème n’est pas là il est semble être.

    A vos commentaires, citoyens !

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