Hamon en aval : un frondeur qui a perdu sa fronde

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Le Congrès de Tours en 1920 a été à l’origine de la création du Parti Communiste Français. Il a marqué la rupture entre réformistes et révolutionnaires.


A l’évidence, la direction du PS et ses députés ont lancé une opération d’enfumage autour de la candidature de B. Hamon qui pourrait être « le rassembleur de la Gauche » (sans que l’on définisse ce que cela signifie).

Les promoteurs de cette campagne oublient que B. Hamon  a été longtemps ministre de F. Hollande et qu’à ce titre là, tout comme E. Macron,  il a contribué activement à la mise en oeuvre d’une politique social-libérale contraire aux besoins des travailleurs et des couches populaires.

Rappelons que depuis le Congrès de Tours en 1920, il existe en France une gauche de renoncement favorable à l’intégration dans le système capitaliste et une gauche révolutionnaire -dont les communistes- qui a pour objectif de supprimer l’exploitation de l’homme par l’homme et l’instauration d’une société socialiste.
Si les deux gauches peuvent s’allier, c’est seulement sur des bases et des engagements clairs et certainement pas en envisageant de faire élire comme députés les anciens ministres de F. Hollande !

Un texte de Jean Ortiz qui rappelle utilement quelques réalités à propos des choix de B. Hamon.

  Oui au rassemblement ! Mais sans amnésie ni arrière-pensées.

Il suffit de lire, d’écouter, d’examiner son staff. Le sympathique Benoit Hamon cherche d’abord à sauver le parti socialiste. Il s’est recentré, après négociations avec la direction du PS.
J’ai de nombreux amis impliqués dans le mouvement « Un mais pas trois ». L’aspiration unitaire, en bas, est forte. Oui, à l’unité ! Oui au rassemblement ! Mais non à l’instrumentalisation en sous-main !
Je ne crois pas que le PS soit radicalement différent de ce qu’il était en 1936, ou à la Libération.
Le peuple lui a alors imposé un cap à gauche.
Le rassemblement doit donc s’accompagner d’un rapport de forces afin d’imposer au « candidat du PS » Benoit Hamon, une rupture claire avec le social libéralisme, avec les traités européens, avec le bilan du quinquennat.

Le problème de la tête de liste ne saurait être séparé des enjeux de classe, du contenu du projet, de la construction d’une alternative de rupture.
La faillite du PS, sanctionné par les électeurs de gauche : retrait de François Hollande, la défaite de Valls, ne peut pas sortir par la porte pour mieux rentrer par la fenêtre…
On ne peut pas dire, « tournons la page, oublions, faisons table rase ; on prend les mêmes, ou leurs clones, et on recommence ».
C’est pourtant ce que proposent implicitement des OGM de la politique, des partisans d’une candidature Hamon, parce qu’elle serait « plus efficace , plus rassembleuse » face aux nazillons.
Pour cela, on bâillonne médiatiquement les communistes, on tire à boulets rouges sur Mélenchon, qui « injurie », « agresse », « divise »…
Son charisme (pour être chef d’Etat, il faut en avoir), le dynamisme de la campagne de « la France insoumise », dérangent.

L’argument du « vote utile » contre le FN n’est aujourd’hui plus recevable.
Il est plus qu’éculé : cela fait 20 ans qu’on nous le sert.
C’est la politique du PS qui fait monter le Front National.
Il faut donc rompre tout lien, toute aliénation avec le parti naufragé des naufrageurs, des fossoyeurs, et faire du neuf social.

Lorsque nous examinons l’équipe de campagne de Benoit Hamon, on y trouve, par exemple, Sandra Laugier, à la tête du « laboratoire d’idées ».
Nous l’avons vue à l’œuvre envers l’enseignement supérieur et la recherche.
Elle a contribué à la mise en place de la LRU, de l’autonomie, de la marchandisation, de l’austérité, de l’évaluation, du classement…
Alors, non merci ! D’autres collaborateurs sont des hollandistes notoires, ou des vallsistes qui ont choisi de rester au PS pour « récupérer la maison » après les élections. Cambadélis règne encore sur l’appareil.

Je me souviens également que lorsque Benoit Hamon était ministre de l’Education Nationale, il n’a pas brillé par ses relations avec la FSU.
Il n’a repris aucune de nos propositions syndicales.
Alors, oui au rassemblement ! Mais sans amnésie ni arrière-pensées.

Jean Ortiz
Universitaire

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7 réponses à “Hamon en aval : un frondeur qui a perdu sa fronde

  1. Certes, mais au fait Mélenchon n’a t-il pas été lui aussi socialiste en son temps ? Vous avez bien dit  » sans amnésie » ?? Alors une fois qu’on s’est rappelé de ça, sans oublier personne, maintenant on fait comment ?

    • frontdegauchegrasse

      J.L. Mélenchon a été socialiste « en son temps' ». Mais depuis 2005 et le Traité Constitutionnel Européen, il a rompu avec la ligne social-libérale et européïste du PS.
      B. Hamon, lui a contribué à la mettre en oeuvre.
      On sait le prix qu’en payent les travailleurs et les couches populaires.
      Toute la différence est là.

  2. Hamon s’est retiré du gouvernement socialiste (comme les communistes se sont retirés du gouvernement socialiste en 83 après y avoir collaboré). Moralité, au lieu de toujours pointer les « différences », il serait plus intelligent de pointer les « ressemblances » et de rassembler la gauche autour d’un candidat unique et d’un programme qui, actuellement, possède de larges convergences (pas facile, travaillons sans tarder à bâtir ce programme rassembleur !)

  3. Il faut travailler sans tarder à un projet en rupture non seulement avec « l’austérité »; mais avec la logique d’un système capitaliste qui détruit l’Homme et la Planète: d’accord pour cet objectif.

    Quand les ministres communistes se sont retirés en 1984, ils avaient derrière eux un bilan partagé dans le gouvernement Mauroy qui était concret et positif pour les travailleurs, par exemple la retraite à 60 ans ou le statut des fonctionnaires territoriaux (Loi A. Le Pors: jullet 1983).

    Avec quel bilan, B. Hamon s’est-il retiré du gouvernement ?

  4. Bon bè voilà, Mélenchon et Hamon a vouloir se la jouer solo sont comme prévu battus. Maintenant on a Lepen en finale (Grasse a viré extrême droite au passage ) et un ezatz de Fillon prêt à prendre le fauteuil. Voilà, voilà

  5. Melenchon « EN SOLO »!!! avec 450,000 insoumis pour soutenir sa candidature, des meetings avec plus de 50 000 personnes chaque fois dans des dizaines de villes en France, vous y allez un peu fort!
    Renvoyer dos à dos un tribun qui a mis son intelligence, son humanité, son art oratoire au service des gens de gauche comme nous et d »autre part un benet qui a servi de voiture balai à un PS corrompu en pompant 3 idées à « l’avenir en commun », vous y allez encore plus fort!
    Bilan: moi qui suis communiste, je pleure de l’échec de la France insoumise et me console en voyant que dans mon bureau de vote n°3 à Grasse, Melenchon arrive en tête et vous je ne sais pas ce que vous avez voté, mais vous avez l’air content d’avoir eu raison : voilà, voilà

  6. et maintenant, il vous reste le « vote utile », voilà, voilà

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